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Pandémie: quels seront les impacts du deuil virtuel?

Alors qu’il y a un peu plus d’un an le Québec était « mis sur pause », le besoin d’avoir du soutien en période de deuil ne l’était pas. Les différentes plateformes de médias sociaux, on le sait, ont contribué ces dernières années à transformer notre espace social et notre vie communautaire. Alors que différentes restrictions — nécessaires et importantes pour limiter la propagation du virus — ont été mises en place, les gens se sont retrouvés face à la nécessité de naviguer à travers leur deuil autrement, hors des habitudes et des coutumes.

Les spécialistes du deuil s’entendent pour dire que le soutien social et les rituels funéraires constituent une composante essentielle du deuil. 

À distance 

Comme il n’était pas possible de se réunir physiquement pour se soutenir, on a pu voir un peu partout différents outils et plateformes numériques utilisés pour permettre d’être ensemble, à distance : groupes de soutien sur Facebook, maintien de la page de la personne défunte (compte commémoratif), hommage plus ou moins organisé sur les réseaux sociaux, planification de rencontres en ligne pour échanger avec des proches sur le défunt, sites web pour allumer des bougies virtuelles, envoi de photos réconfortantes, montages photo et vidéo du parcours de vie de la personne, création de nouveaux rituels à distance, et plus encore. 

Maintenant, il y a lieu de se demander comment les personnes endeuillées ont vécu leur deuil dans ce contexte de pandémie et à l’ère du numérique. 

Par exemple, les funérailles diffusées en ligne, proposées par plusieurs organisations funéraires, auxquelles il est possible de participer en direct via Instagram, Facebook ou Skype, les Zoom-Obsèques à suivre depuis chez soi, ont été sans doute des outils qui ont pu pallier l’interdiction de la participation physique. 

Néanmoins, nous n’en savons que très peu sur ces pratiques et leurs impacts sur les trajectoires de deuil des personnes qui ont perdu un proche pendant la pandémie, que ce soit lors de la tenue de funérailles ou après. 

Ainsi, est-ce que les rituels numériques — développés face aux mesures sanitaires pour faire quelque chose plutôt que rien — sont efficaces ? Ou conduisent-ils à des deuils virtuels, dans le sens péjoratif du terme : une simulation de la réalité et non une véritable adaptation à la perte ?

Étude 

Devant ces questions, une équipe de recherche canadienne mène actuellement une étude pour évaluer les effets des restrictions sanitaires sur le vécu du deuil. L’étude en ligne, baptisée Covideuil (www.covideuil.ca), s’intéresse notamment aux pratiques numériques mobilisées par les personnes ayant perdu un être cher depuis le début de la pandémie et à analyser si et comment celles-ci ont pu être aidantes pour le deuil. 

La résilience et la créativité mobilisées pour la mise en place de pratiques numériques méritent d’être étudiées, car elles peuvent potentiellement constituer, à travers tous les défis et difficultés vécus en contexte pandémique, une façon de témoigner de la lumière qui peut émerger dans l’expérience du deuil à l’ère du numérique. 

opinions - lettre ouverte - Geneviève Gauthier, M. Trav. soc. (c

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Geneviève Gauthier
M. Trav. soc. (c), coordonnatrice du projet Covideuil

opinions - lettre ouverte - 
Jacques Cherblanc, PhD, directeur d

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Jacques Cherblanc
Ph. D., directeur du LERARS-UQAC

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