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Décédée après avoir refusé le vaccin

Une femme de Drummondville qui a refusé de se faire vacciner est décédée samedi de la COVID-19. Sur son lit de mort, elle a tenu à prévenir tous ceux qui pensaient comme elle et qui dénonçaient les mesures.

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«Je vous mets en garde contre ce virus. Je n’aurais jamais pensé être si malade», a écrit sur sa page Facebook Gisèle Beaudoin, 70 ans, 24 heures à peine avant de rendre son dernier souffle. 

«Ça a pris cinq jours et elle a souffert le vrai martyre. Elle avait mal partout et avait de la misère à respirer», raconte sa sœur cadette, Monic Beaudoin, qui l’a toujours considérée comme sa «deuxième mère» en raison de leur importante différence d’âge.

Écoutez le témoignage de Monic Beaudoin, soeur de Gisèle Beaudoin:

Complotiste  

Or, Gisèle Beaudoin s’était éloignée de sa famille dans les derniers mois, tombant peu à peu dans une spirale conspirationniste, selon sa sœur. 

«Elle se levait à 4h du matin pour regarder toutes les vidéos de ces gens-là et nous les envoyait sur Facebook, relate-t-elle. À un moment donné, il a fallu que je lui dise de respecter mon opinion.»

Monic Beaudoin peine à croire que, le jour du décès de sa sœur, des dizaines de milliers de personnes ont pris d’assaut les rues de Montréal pour manifester contre les mesures sanitaires.

Mais selon elle, la défunte aurait aussi très bien pu être du nombre, elle qui avait refusé le vaccin qui lui aurait sans doute sauvé la vie. 

Pour respecter ses dernières volontés, son mari se fera finalement vacciner prochainement.

«Elle disait que c’était juste une grippe, qu’il n’y avait pas plus de morts cette année. Elle a changé d’idée à l’hôpital», regrette Bertrand Bibeau, qui perd sa compagne des 49 dernières années, la mère de ses trois enfants et la grand-mère de ses 10 petits-fils.

Chanteuse country  

Ses proches se souviendront d’elle comme d’une femme généreuse et débordante d’énergie. 

La scène country pleure d’ailleurs une bête de scène qui aura chanté aux quatre coins du Québec ces 20 dernières années. 

Sans problème de santé majeur, la septuagénaire aura vécu de son art jusqu’à la toute fin.

«C’était une bonne vivante. Tout le monde l’aimait», témoigne son amie Barbara Barrère, directrice du magazine Vibration Country.

Membre d’une église évangélique, Gisèle Beaudoin était également une femme de convictions à la foi inébranlable. Ses proches l’ont décrite comme impossible à raisonner lorsqu’elle s’est enfoncée dans les théories du complot. 

«J’avais beau lui dire que Dieu aurait été pour le vaccin, il n’y avait rien à faire», déplore Monic Beaudoin, quelques heures après avoir dû se résigner à dire un dernier au revoir à sa sœur par l’entremise de l’application de visioconférence FaceTime.