/news/society

La pandémie pourrait laisser des traces sur la santé mentale

Santé mentale - Homme triste, dépression

Photo adobe stock

Le stress, l’anxiété, l’insomnie et la dépression vécues de façon constante par une «grande part» de la population depuis le début de la pandémie, pourrait avoir des effets néfastes à plus long terme.  

C’est ce que conclut une étude réalisée par les quatre centres de recherche du CIUSSS de la Capitale-Nationale, visant à documenter et analyser les conséquences psychologiques de la pandémie. 

Écoutez l’entrevue du psychologue Marc-André Dufour, porte-parole pour la Semaine de la santé mentale:

Ainsi, 44% des participants ont admis avoir une «moins bonne santé mentale » depuis l’arrivée de la COVID-19 au Québec. 

Les chercheurs sonnent «l’alarme» et s’inquiètent de la présence de symptômes dépressifs constants chez les Québécois, même un an après le début de la pandémie. 

«Le stress et l’insomnie peuvent être précurseurs d’autres problèmes plus importants, comme l’anxiété et la dépression à long terme. [...] Avec la fatigue accumulée, le stress accumulé, la chronicité est vraiment problématique à long terme», explique Marie Baron, docteure en santé communautaire et coordonnatrice de l’étude.   

Photo Courtoisie

Jeunes plus affectés  

L’étude révèle également que ce sont les jeunes, âgés entre 18 et 25 ans, qui ont été les plus sévèrement affectés psychologiquement par la crise sanitaire. «Les jeunes ont un niveau de bien-être moyen moins haut que les personnes plus âgées», précise Dre Leblanc. Leur niveau de stress a augmenté dans le temps, tandis que celui des autres groupes est resté stable, indique-t-on. 

«Ce sont des gens qui ne consomment pas de service de santé actuellement. Le milieu de la santé n’est pas prêt à recevoir soudainement cette clientèle-là, dont l’état pourrait se transformer en trouble de santé mentale», prévient la Dre Annie Leblanc, professeure titulaire à la faculté de médecine de l’Université Laval, chercheure épidémiologiste, qui a dirigé les travaux de recherche. 

Photo Courtoisie

Pour la plupart étudiants au cégep ou à l’université, 54% des jeunes de ce groupe d’âge se sont montré «très ou extrêmement préoccupés» par leur réussite scolaire. 

Groupes vulnérables  

La pandémie a aussi placé les familles avec de jeunes enfants et les personnes vivant seules en situation de «vulnérabilité», révèle l’étude. 

L’étude a été présentée dans le cadre du 88e congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement de la science (ACFAS).