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Le contrat de travail dans la construction est expiré

La convention collective d’environ 175 000 travailleurs de la construction a expiré à minuit, vendredi dernier, et les échanges entre les parties jusqu’à l’ultime limite n’ont pas permis de conclure à un accord.

En théorie, ils pourront acquérir le droit de grève et de lock-out à partir du 21 mai.

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) a qualifié son offre de «substantielle» et s’est dite «déçue de la position syndicale», parlant d’un «rendez-vous manqué» pour sa part.

La partie patronale a proposé une hausse salariale de 8,5% sur quatre ans dans le secteur résidentiel léger, ce qui porterait à 40 $ l’heure le salaire d’un charpentier-menuisier, quand l’Alliance syndicale en réclame plutôt 12,2%.

Et dans le contexte de surchauffe de la construction, l’APCHQ espère que les chantiers ne seront pas paralysés face au manque d’avancement dans les négociations.

«On est des privilégiés dans l’industrie de la construction. C’est un peu gênant de dire “comment se fait-il qu’au fond on ne puisse pas être raisonnable dans le contexte et d’avoir le respect de la capacité de payer des clients”. Vous le savez, les prix sont en forte augmentation partout», a plaidé François Bernier, vice-président Affaires publiques de l’organisme.

L’APCHQ souhaite donc une reprise des pourparlers. L’Alliance syndicale, quant à elle, n’a pas formulé de commentaires, même si elle réévalue actuellement sa stratégie et se dit prête à retourner négocier.

L’évolution du dossier est suivie de près par le ministre du Travail, Jean Boulet, qui a déjà rencontré deux fois les parties. Il se montre confiant qu’une solution négociée sera trouvée.

«Le rapport de force et le pouvoir de négociation varient, mais tant les syndicats que les associations patronales sont concernés par le défi économique que le Québec a à relever», a-t-il expliqué.

Le ministre n’écarte toutefois pas le recours à une loi spéciale en cas d’arrêt de travail, comme cela avait été le cas lors des précédentes négociations dans la construction en 2017 et en 2013.