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Le campement Hochelaga démantelé

Un peu plus d’une semaine après leur installation, les occupants du campement d’itinérants sur la rue Hochelaga, à Montréal, ont été évacués lundi.

Le ministère des Transports du Québec leur a envoyé un avis les intimant à quitter les lieux. La police antiémeute était également sur place afin de superviser le déroulement des opérations.

«On va aller camper ailleurs. On va jouer au chat et à la souris tout l’été. On reste des humains et on a besoin d’une place pour vivre, on n’est pas tous faits pour les refuges», s’est désolé Guylain Levasseur, le leader informel du campement.

Certains campeurs étaient déjà partis de leur propre gré dans la matinée. Les derniers en place estimaient qu’on ne leur offrait aucune véritable alternative.

«Ils font juste déplacer le problème. Vous allez vous apercevoir assez vite où on va aller ensuite», a soutenu Williams, un campeur.

Plusieurs étaient également venus soutenir les campeurs. Directeur général de Care Montréal, Michel Monet les exhortait à respecter la décision des campeurs, quelle qu’elle soit, leur rappelant qu’ils étaient présents pour les soutenir.

Il s’est dit en total désaccord avec le démantèlement du camp. «Le campement, ce ne sont pas les tentes et les roulottes : ce sont les gens qui y sont. Ils sont des êtres humains, ils ont une vie et des droits», a-t-il rappelé.

Vers midi, les derniers campeurs avaient été évacués par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). De nombreux militants sont néanmoins restés sur place. Dans l’attente, plusieurs étaient attablés autour d’un feu de camp improvisé dans une poubelle, alors qu’une enceinte haut-parleur crachait de la musique. Vers 16h, l’escouade antiémeute du SPVM est finalement intervenue pour disperser les derniers manifestants.

À la Ville de Montréal, Nathalie Goulet, responsable de l’inclusion sociale et de l’itinérance au comité exécutif, a indiqué que le campement devait être démantelé en raison des enjeux de sécurité qu’il soulève.

«On est ferme sur la question des campements organisés : on ne peut pas les tolérer», a-t-elle martelé.

Elle a néanmoins assuré que chaque personne aurait une place en hébergement, et que leurs biens seraient entreposés.

«Les campements sont un phénomène urbain accentué par la pauvreté. La pandémie a jeté beaucoup de gens dans la rue. Tout ça crée une situation très difficile, mais on travaille avec les personnes», a ajouté Mme Goulet.

À l’opposition officielle, on se demandait où était la mairesse.

«Elle parle beaucoup d’itinérance, mais on attend les actions. Je l’invite à prendre ses responsabilités et à arrêter de chercher des boucs émissaires», a lancé Karine Boivin-Roy, conseillère municipale pour Ensemble Montréal. Pour elle, l’idée des refuges n’offre qu’une solution temporaire, et ne réglera pas le problème.

«S’il n’y a pas eu de propositions de plan d’action après ce qui s’est passé l’année dernière, et qu’on vit la même chose encore à ce jour, c’est clairement parce qu’il y a un manque de volonté politique», a également soutenu Benoit Langevin, porte-parole de l’opposition en matière d’itinérance.