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Les États-Unis pourraient voir leur plus forte croissance en 40 ans

Le produit intérieur brut des États-Unis pourrait croître de 7% en 2021, son rythme le plus rapide depuis le début des années 1980, a prévenu lundi le président de la Fed de New York, John Williams.

«Avec des conditions financières accommodantes, un soutien budgétaire solide et les vaccinations, je pense que le taux de croissance économique de cette année sera le plus rapide que nous ayons connu depuis le début des années 80», a-t-il déclaré lors d'un discours par visioconférence.

Ajustée de l'inflation, la croissance du PIB devrait, selon lui, tourner autour de 7%.

Le Produit intérieur brut a enregistré au premier trimestre une hausse de 6,4% en rythme annualisé, mesure qui permet de projeter la croissance annuelle si le rythme se maintient. Or, celui-ci devrait s'accélérer au deuxième trimestre.

Par ailleurs, alors que certaines craintes persistent quant à une trop forte hausse des prix, le président de l'antenne new-yorkaise de la Banque centrale a également jugé «important de ne pas surréagir à (la) volatilité des prix résultant des circonstances uniques de la pandémie».

L'inflation sur un an a atteint 2,3% en mars, selon l'indice PCE, dépassant l'objectif de 2% de la Banque centrale américaine. Mais pour John Williams, il vaut mieux «rester concentrés sur la tendance» de la courbe des prix.

Or, celle-ci ne devrait pas continuer trop longtemps à grimper ainsi: «je m'attends à ce qu'une fois que les inversions de prix (qui repartent à la hausse après la baisse du début de la pandémie, NDLR) et les déséquilibres à court terme dus à la réouverture de l'économie se seront produits, l'inflation revienne à environ 2% l'année prochaine», a-t-il souligné.

Pour autant, il a rappelé que l'économie a encore «un long chemin à faire avant d'atteindre une reprise économique complète et solide».

«N'oublions pas qu'il y a environ 8,5 millions d'emplois de moins aujourd'hui qu'avant la pandémie», a-t-il relevé.

Les chiffres de l'emploi en avril seront publiés vendredi, et un million de créations d'emplois sont attendues.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a, dans une intervention distincte lundi, alerté sur les inégalités qui ont été exacerbées avec la pandémie, alors que même la reprise économique «est plus lente pour (les travailleurs) qui occupent les emplois les moins bien payés».

Le sujet préoccupe la Fed, car «ces disparités de longue date (...) pèsent sur la capacité de production de notre économie. Nous n'atteindrons notre plein potentiel que lorsque chacun pourra contribuer et partager les avantages de la prospérité».

L'un des objectifs de la Fed est d'atteindre le plein emploi, et, selon Jerome Powell, «atteindre une prospérité largement partagée nécessite une action de l'ensemble de la société, des politiques fiscales et autres politiques gouvernementales aux initiatives du secteur privé».

La Banque centrale américaine a averti la semaine passée que, pour atteindre cet objectif d'un niveau d'emploi maximal et inclusif, et pour voir l'inflation se stabiliser autour de 2%, elle comptait maintenir son soutien à l'économie.

Elle a ainsi redit qu'il n'était pas encore temps de penser à relever les taux, ni à réduire les achats d'actifs.