/news/law

Une crise de jalousie serait à l'origine de la mort de son ex-conjointe

Photo Facebook

C’est lors d’une crise de jalousie que Vincent Boucher aurait causé la mort de son ex-conjointe de 27 ans il y a deux ans à Saint-Jean-sur-Richelieu, a exposé lundi matin la Couronne, en ouverture de procès. 

Aujourd’hui commence le procès devant juge et jury de Vincent Boucher, 27 ans, qui est accusé du meurtre au premier degré de Laurie-Anne Grenier, le 15 décembre 2018.

En matinée, la poursuite a fait entendre sa déclaration d’ouverture aux treize membres du jury qui ont été sélectionnés vendredi dernier. Elle a détaillé la trame factuelle qu’elle tentera d’établir en preuve.

Boucher et la victime se seraient rencontrés en 2015 lors de rencontres pour une dépendance en toxicomanie, raconte le procureur Martin Bourgois. Ils se seraient ensuite perdus de vue, avant de se retrouver et former un couple vers la fin de l’été 2018.

Entre le 8 et le 13 décembre, Boucher aurait quitté leur appartement du 104, rue Bouthillier Nord, à Saint-Jean-sur-Richelieu, pour se rendre chez une amie, à Montréal. 

Puis, il serait revenu «pour tenter de reconquérir Laurie-Anne, en préparant une soirée, alors que leur 4 mois de relation arrivera le 15 décembre», affirme Me Bourgeois.

Le lendemain, pendant que Mme Grenier travaillait, l’accusé aurait fait le ménage de leur appartement, en plus d’acheter du vin et des cadeaux.

«Dans la soirée qui suivra, l’accusé et la victime vont consommer alcool et cocaïne. L’accusé demandera à Laurie-Anne si elle a couché avec quelqu’un pendant son absence, explique le procureur. Il comprend de son refus de répondre qu’il est possible qu’elle ait eu une aventure avec un dénommé Charles. Il devient alors fâché contre Laurie-Anne.»

Les deux se seraient ensuite dirigés vers la chambre. Boucher aurait tenté d’avoir une relation sexuelle avec la jeune femme et d’obtenir une preuve du fait qu'elle n’aurait pas eu d’aventure. Celle-ci aurait refusé, et l’accusé se serait fait insistant.

Mme Grenier aurait alors dit vouloir appeler sa cousine et se serait enfermée dans une chambre avec le cellulaire de Vincent Boucher, davantage en colère.

«Il est hors de question pour M. Boucher de retourner en prison. Laurie-Anne reconnaît vouloir appeler la police. Il veut l’en empêcher», mentionne le procureur. 

L’accusé l’aurait attrapée dans la cuisine alors qu’elle se débattait en criant. Il lui aurait ordonné d’arrêter tout en l’avertissant qu’il serait «obligé de faire quelque chose sinon». Il aurait alors saisi un couteau.

«Il lui dit qu’il ne peut la laisser aller, car elle va appeler la police. Il ne veut pas retourner en prison, car sa liberté est précieuse, avance Me Bourgeois. Après lui avoir dit qu’il est désolé et qu’ils vont se revoir au ciel, il lui demande une dernière fois si elle veut appeler la police.»

Insatisfait de sa réponse, il lui aurait tranché la gorge. Comme elle ne mourrait pas «assez vite», il l’aurait étranglée, mais elle aurait continué à montrer des signes de vie.

«Il l’a poignardée ensuite au cou et au thorax. La victime, qui ne présente aucune plaie de défense, décédera», poursuit le procureur.

Boucher aurait ensuite tenté de s’enlever la vie «pour ne pas purger 25 ans de prison». Il se serait entaillé le cou et le poignet, poignardé au thorax, et aurait essayé de se pendre en s’attachant un sac autour de la tête.

«Comme rien ne fonctionne, il placera les cadeaux qu’il avait achetés initialement sur le corps de Laurie-Anne et s’endort à ses côtés», dit Me Bourgeois.

Lors de son réveil le 15 décembre, Boucher se serait rendu à Montréal, se serait acheté un moyen de transport sous un autre nom et se serait rendu à Sainte-Adèle, dans les Laurentides.

«En chemin, l’accusé fera des aveux à sa mère concernant le drame, explique la Couronne. Il fera des déclarations sur les circonstances des évènements à plusieurs personnes différentes.»

Plus tard dans cette même soirée, Vincent Boucher s’est fait arrêter par les policiers de la Sûreté du Québec, à Sainte-Adèle.

Il est représenté par les avocates Christine Brosseau et Valérie La Madeleine.

Le procès, prévu pour quatre semaines et présidé par le juge Marc-André Blanchard, se poursuit toute la journée avec les témoignages de deux premiers témoins.