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Boucher aurait avoué le meurtre à sa mère

Meurtre Laurie-Anne Grenier

Photo tirée de Facebook

Téléphoner à sa mère pour avouer son crime. C’est ce qu’aurait fait, pendant sa cavale, l’homme qui subit présentement son procès pour le meurtre de son ex-conjointe à Saint-Jean-sur-Richelieu.

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« Maman, Laurie-Anne est morte. Je l’ai poignardée, pis je l’ai égorgée mardi. [...] C’est ça l’ostie de dope », aurait lancé Vincent Boucher à sa mère, le 15 décembre 2018, dans un moment de lucidité alors qu’il se dirigeait vers les Laurentides.

Mardi, le procès de l’homme de 27 ans se poursuivait au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Il est accusé du meurtre au premier degré de son ex-copine, Laurie-Anne Grenier, dans leur appartement, rue Bouthillier Nord.

« Dans la marde »

Selon Manon Brochu, la mère de l’accusé, il était environ 18 h 10 lorsque l’homme âgé de 24 ans à l’époque l’a appelée pour la supplier de venir le chercher à Sainte-Adèle, a-t-on appris, dans un enregistrement vidéo de sa déclaration à la Sûreté du Québec, au lendemain du drame.

« Qu’est-ce que tu fais à Sainte-Adèle ? » l’a-t-elle questionné.

« Pose-moi pas de questions, là, je suis dans la marde et je suis en cavale, là, je te le dis, je suis en cavale », aurait dit l’accusé.

« Je veux que tu me montres à faire un nœud parce que je vais me pendre, parce que là, ce que j’ai fait, c’est tellement grave, là, que je suis sûr que je pogne minimum 15, 20, 10 ans, mais je pogne longtemps, pis moi, je veux pas retourner en prison », aurait-il poursuivi.

La veille du drame, Boucher et Laurie--Anne Grenier, 27 ans, avaient planifié un souper d’amoureux afin de se réconcilier après quelques jours de séparation. Ils formaient un couple depuis environ quatre mois, après s’être rencontrés en désintox.

Or, la soirée aurait dérapé lorsqu’ils ont consommé alcool et cocaïne.

Jaloux, Boucher aurait exigé que la jeune femme lui prouve qu’elle n’avait pas eu de relation sexuelle avec un autre homme durant son absence.

Craintive, Mme Grenier se serait réfugiée avec un cellulaire dans la salle de bain en disant vouloir appeler la police. Boucher serait entré et aurait mis fin à sa vie, en pleine nuit.

C’est l’appel de Mme Brochu au 911 qui a amené la police à se rendre au logement et y découvrir le corps inanimé de la jeune femme, plus de douze heures plus tard.

Enfance difficile

Dans l’enregistrement présenté au jury, la mère de l’accusé a aussi témoigné de l’enfance difficile de son fils, notamment à cause du syndrome Gilles de la Tourette et d’un déficit de l’attention. 

Sa situation aurait empiré à l’adolescence, lorsqu’il est tombé dans la drogue. 

Malgré les thérapies, il a toujours rechuté. 

Manon Brochu a dit que son fils et Laurie-Anne avaient tous deux une dépendance, et que leur relation nuisait à leur rétablissement.

« Mon fils a assassiné. Je le sais que c’est vrai. Mais je veux pas que ce soit vrai. J’ai mal pour les parents. J’ai mal pour mon fils, pis j’ai mal dans mon cœur de mère », a-t-elle soufflé. 

  • Le procès se poursuit mercredi.