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Marie-Eve Proulx démissionne «d’un commun accord» avec Legault

Visée par une accumulation d'allégations d’harcèlement, la députée caquiste de Côte-du-Sud, Marie-Eve Proulx, a décidé d’abandonner ses fonctions ministérielles après avoir été convoquée à une rencontre avec François Legault.   

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Le cabinet du premier ministre a d’ailleurs confirmé, au terme de cette rencontre qui a eu lieu en fin d’avant-midi, que Mme Proulx «ne siègera plus au conseil des ministres».  

Elle occupait le poste de ministre déléguée au Développement économique régional, en plus d’assurer la responsabilité ministérielle des régions de la Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent.  

Ses dossiers «seront redistribués de façon temporaire au cours des prochaines heures», indique un communiqué. Elle demeure députée et membre du caucus caquiste. 

«Je lui souhaite le meilleur pour la suite de son mandat», a déclaré M. Legault.  

Climat «toxique»     

Selon nos informations, c’est en apprenant qu’elle était convoquée au bureau du premier ministre afin de faire le point sur d'autres allégations la concernant que Mme Proulx aurait décidé de préparer sa lettre de démission.  

Une source assure toutefois qu’autrement, elle aurait été invitée à quitter le conseil des ministres. «Disons que c’est d’un commun accord», a plus tard confirmé M. Legault. 

La pression devenait forte, alors que d’anciens employés, qui ont été nombreux à dénoncer le climat «toxique» qu’entretenait Mme Proulx, menaçaient de sortir publiquement. 

Une plainte déposée officiellement devant le Tribunal s’est aussi réglée hors cour, le mois dernier.  

Au cours des derniers jours, Mme Proulx a perdu son attachée de presse, ce qui a porté à une vingtaine, le nombre de départs survenus au sein de son équipe depuis sa nomination.  

En février 2020, déjà 14 départs en autant de mois avaient relevés dans son entourage par notre Bureau parlementaire. Sous le couvert de l’anonymat, d’anciens employés avaient confié qu’ils avaient subis des insultes et de l’intimidation de la part de Mme Proulx.  

À l’époque, Mme Proulx et M. Legault s’étaient limités à dire que cela relevait de la «régie interne» et que tout allait bien. «Je ne suis pas troublé», avait alors commenté M. Legault. 

Le premier ministre a précisé, mardi, que dans la foulée de ces informations, Mme Proulx avait été rencontrée en plus d’avoir «droit, entre autres, à des services de coach». 

Mais «la situation ne s’est pas suffisamment améliorée», a résumé le premier ministre. «Je suis obligé d’arriver à la conclusion qu’elle ne peut pas rester ministre», a-t-il dit.

«Il y a du travail à faire pour améliorer la gestion de son personnel», a reconnu M. Legault, qui promet que la situation sera suivie «de près» au bureau de circonscription de l’élue caquiste, où la situation serait «relativement bonne», selon lui. 

Avant de se lancer en politique provinciale, Mme Proulx offrait ses services en entreprise à titre conférencière, consultante et «coach professionnelle certifiée». 

Le PQ accuse Legault d’avoir fermé les yeux     

Invité à réagir, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a accusé François Legault d’avoir trop longtemps fermé les yeux sur des allégations de harcèlement concernant Mme Proulx.  

Il avait justement demandé au gouvernement de mettre en place des «mesures d’accompagnement» pour assurer le bien-être des employés qui sont toujours sous sa responsabilité.  

Selon la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, M. Legault n'a pas agi avec la même «vélocité» dans le dossier de sa ministre que pour dénoncer le harcèlement en ligne, par exemple.  

François Legault devra faire la lumière sur l’ensemble des allégations concernant Marie-Ève Proulx, croit la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.  

«Le harcèlement, c’est inacceptable, c’est même illégal», a-t-elle martelé.  

- avec la collaboration de Vincent Larin, Agence QMI