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Forte baisse des disparitions d’enfants au Québec

Caroline Lachance tient un portrait de son fils David Fortin, disparu en février 2009. Photographiée hier à sa résidence d’Alma, au Lac-Saint-Jean, elle espère toujours retrouver son garçon en bonne santé.

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

Caroline Lachance tient un portrait de son fils David Fortin, disparu en février 2009. Photographiée hier à sa résidence d’Alma, au Lac-Saint-Jean, elle espère toujours retrouver son garçon en bonne santé.

Les corps policiers du Québec ont enregistré, dans la dernière année, le plus faible nombre de disparitions d’enfants depuis au moins six ans. Une situation qui pourrait être attribuable à la pandémie. 

En 2020, « seulement » 3831 dossiers d’enfants disparus ont été couverts par les autorités dans la province, selon le Centre national pour les personnes disparues et les restes non identifiés. Il s’agit d’une baisse de près de 2000 disparitions par rapport à l’année précédente. 

« C’est peut-être le seul aspect positif de la pandémie, lance la directrice générale du Réseau Enfants-Retour, Pina Arcamone. On l’a constaté très clairement dans nos bureaux entre mars et juin 2020. » 

Mme Arcamone estime que cette baisse drastique de disparitions est liée notamment à la fermeture des écoles, au confinement et au télétravail. 

En plus de réduire les sorties des enfants, ces mesures sanitaires ont permis aux parents de garder un œil sur eux.

Constante diminution, mais... 

Heureusement, 92 % de tous les enfants disparus au Québec en 2020 ont été retrouvés en moins d’une semaine. Et bien que cette année soit exceptionnelle à ce niveau, on constate tout de même une certaine baisse du nombre de cas de disparitions d’enfants depuis 2017.

« Il y a plus de prévention et de sensibilisation, notamment dans les écoles et auprès des parents. C’est de cette façon qu’on peut éviter des situations malheureuses », estime Mme Arcamone. 

Toutefois, la directrice générale souligne que s’il y a eu moins de disparitions au courant de cette année pandémique, c’est tout le contraire au niveau du leurre informatique.

Entre avril et octobre 2020, le Centre canadien de protection de l’enfance avait observé une hausse de 81 % d’enfants ayant reçu des images à caractère sexuel venant d’adultes ou ayant subi des pressions pour en envoyer.

« Ne m’oubliez pas » 

En marge du Mois des enfants disparus, le Réseau Enfant-Retour lance la première édition de sa campagne de sensibilisation et de collecte de fonds. L’organisation espère ainsi récolter 25 000 $ au cours du mois de mai, notamment pour soutenir les familles touchées par ce fléau. 

« Pour les familles d’enfants disparus, le deuil est impossible. Elles doivent apprendre à vivre avec l’absence de ces derniers. On veut montrer à ces parents que leur enfant n’est pas oublié et qu’on fera tout pour les retrouver », conclut Mme Arcamone. 

Une douleur « aussi vive qu’au premier jour »  

Malgré les années qui ont passé, la mère de David Fortin, disparu en 2009 à l’âge de 14 ans, n’a pas perdu espoir de retrouver son fils en vie.  

Le 10 février 2009, David Fortin, devait prendre l’autobus, comme tous les matins, pour se rendre à l’école, à Alma, au Lac-Saint-Jean. Mais il ne s’y est jamais présenté. 

Pour sa mère, Caroline Lachance, cette fugue aurait été le résultat de toute l’intimidation que l’adolescent, alors âgé de 14 ans, vivait au secondaire. 

Douze ans plus tard, après d’innombrables recherches et pistes, qui pointaient notamment vers la Mauricie et qui n’ont finalement pas abouti, Mme Lachance continue d’espérer retrouver un jour son fils en bonne santé.

« La douleur est aussi vive qu’au premier jour, je pense à lui chaque matin. Mais jamais je ne perdrai espoir, c’est ce qui nous nourrit, qui nous permet de tenir bon », raconte la femme de 52 ans.

Besoin de soutien

Chaque fois qu’une histoire semblable à la sienne survient au Québec, Mme Lachance ne peut faire autrement que de se remémorer sa propre tragédie. Elle a d’ailleurs suivi attentivement la disparition des fillettes Carpentier, l’été dernier. Elle aurait aimé offrir son aide à la maman, Amélie Lemieux, si la distance n’avait pas été un enjeu. 

« Quand on voit d’autres parents vivre ça, on ne peut faire autrement que de ressentir leur peine. Mais il faut les soutenir à travers cette épreuve parce qu’on est les seuls à comprendre leur douleur », explique-t-elle. 

Pour Caroline Lachance, le Mois des enfants disparus est justement l’occasion idéale pour soutenir les familles touchées par ce fléau et remettre en lumière les dossiers non résolus. 

LES DISPARITIONS D’ENFANTS AU QUÉBEC  

2020 : 3831

2019 : 5805

2018 : 5927

2017 : 7025

2016 : 6287

2015 : 6803

En 2020 au Canada...

60 % des cas de disparition impliquaient des filles 

72 % constituaient des fugues  

63 % retrouvés dans les 24 heures 

92 % retrouvés en moins d’une semaine

0,04 % enlèvements par un inconnu