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La France commémore la mort de Napoléon, figure toujours contestée

Le président Emmanuel Macron a commémoré mercredi la mort de Napoléon, un bicentenaire qui ravive les controverses autour de cette figure complexe et incontournable de l'Histoire de France.

«Napoléon Bonaparte est une part de nous», a lancé le président français, dressant un portrait «en clair-obscur» de cette figure controversée de l'Histoire de France, dénonçant ses «fautes», comme le rétablissement de l'esclavage, mais aussi célébrant ses qualités de «bâtisseur et législateur» et de défenseur de la souveraineté nationale.

Le 5 mai 1821, l'Empereur meurt à l'âge de 51 ans loin des siens et de son pays à Sainte-Hélène, île perdue de l'Atlantique sud où les Britanniques l'ont envoyé en exil après sa dernière défaite, à Waterloo.

Le chef de l'État, premier président à s'exprimer sur Napoléon depuis Georges Pompidou, a expliqué vouloir réaliser une «commémoration éclairée» dans un discours à l'Institut de France, créé en 1795 et qui rassemble les élites scientifiques, littéraires et artistiques du pays. 

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Avec, a-t-il insisté, «la volonté de ne rien céder à ceux qui entendent effacer le passé au motif qu'il ne correspond pas à l'idée qu'ils se font du présent», en une critique implicite de la «cancel culture».

«De l'Empire nous avons renoncé au pire, de l'Empereur nous avons embelli le meilleur», a-t-il affirmé, condamnant son «exercice arbitraire d'un pouvoir solitaire».

Sur l'esclavage, que Napoléon a rétabli, il a déclaré que «la Deuxième République a réparé en 1848 cette trahison de l'esprit des Lumières».

Cette condamnation était attendue en Guadeloupe, Martinique et à la Réunion, territoires français d'outre-mer où de nombreux habitants sont descendants d'esclaves.

Le chef de l'État français a en revanche rendu hommage à «un stratège, un législateur, un bâtisseur», à «cette part de France qui a conquis le monde». 

Il a célébré celui qui «a gravé dans le marbre l'égalité civile entre les hommes avec le Code civil, la protection de la loi pour tous avec le Code pénal». 

Mais a ajouté que l'État avait «poursuivi cette œuvre de progrès en agissant pour l'égalité entre les femmes et les hommes» et en abolissant la peine de mort», alors que Napoléon est critiqué pour avoir inscrit l'infériorité de la femme par rapport à son mari dans le Code civil.

Autre écho à l'actualité, Emmanuel Macron a aussi applaudi celui qui a «apaisé les relations avec les grandes religions, par le Concordat, par le Grand Sanhédrin, une cour suprême juive convoquée par Napoléon au début du XIXe siècle.

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Dans une ode à la valeur individuelle qui résonne avec son propre credo politique, il a célébré une vie de «goût du possible», qui «démontre qu'un homme peut changer le cours de l'Histoire», ainsi qu'une «invitation à prendre son risque».

Napoléon continue à enflammer les débats entre ses défenseurs et ses critiques. Les présidents français se sont gardés de prendre position sur Napoléon depuis que Georges Pompidou a célébré en 1969 le bicentenaire de sa naissance à Ajaccio, sa ville natale en Corse. 

«Il n'est pas de nom plus glorieux que celui de Napoléon. Parti de rien, démuni de tout, il a tout obtenu», avait résumé le successeur du président Charles de Gaulle.

Polémique sur l'esclavage  

«Commémorer signifie se souvenir ensemble, mais pas honorer», précise l'historien Frédéric Régent.

Sur le plan politique, le débat sur l'opportunité de commémorer Napoléon est resté feutré, marqué par quelques critiques d'élus de gauche, qui regrettent l'absence de célébration cette année des 150 ans de la Commune de Paris par le président, tandis qu'à droite certains auraient souhaité donner plus d'ampleur à l'anniversaire.

La cheffe de l'extrême-droite Marine Le Pen a salué «la grandeur» de l'empereur et regretté mardi qu'Emmanuel Macron «commémore à la va-vite» celui qui «a tant fait pour le pays».

Témoignant de la fascination que suscite toujours l'Empereur, le bicentenaire est l'occasion de la sortie d'une multitude de nouveaux ouvrages sur Napoléon, auquel sont déjà consacrés des milliers d'essais et de romans.

Annoncée comme l'une des stars de la saison culturelle, «L'exposition Napoléon», qui retrace les grandes étapes de sa vie, accueillera le public à Paris à partir du 19 mai.