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La police a juste voulu éviter les dérapages

GEN-Manifestation "Québec Debout" au stade Olympique

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

La police de Montréal dit comprendre que des gens soient frustrés par le peu d’amendes distribuées lors de la manifestation de samedi contre les mesures sanitaires, mais réitère qu’elle a d’abord voulu éviter les dérapages.

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« Notre priorité, c’est la sécurité des citoyens, des policiers et des biens, comme les commerces, résidences et véhicules. [...] Il faut en premier lieu être capable d’intervenir de manière sécuritaire, les constats d’infraction, ça vient après », a souligné l’inspecteur David Shane et conseiller au Bureau du directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Plus de 30 000 personnes sont débarquées samedi au Stade olympique pour démontrer leur ras-le-bol contre les règles de santé publique. La grande majorité ne portait pas le couvre-visage, pourtant obligatoire lors de manifestations, et respectait encore moins la distanciation.

De nombreux Québécois ont déploré que seulement une trentaine de constats d’infraction aient été remis.

« On comprend la frustration des gens qui comparent avec leur situation », a admis l’inspecteur Shane, rappelant que le droit de manifester est « fondamental ». 

Le SPVM avait comme « intention d’appliquer le décret sur les mesures sanitaires », mais ils ont dû réviser leur stratégie. 

Réactions hostiles

« On a fait des rappels [des règles] avec un camion muni de haut-parleur. Au début, on a commencé à donner des contraventions et il y a eu des réactions hostiles, soutient l’inspecteur. La composition de la foule était assez hétéroclite : adultes de tous âges, des enfants, même plusieurs très jeunes et des poussettes. »

En persistant à donner des amendes, le SPVM craignait des mouvements de foule qui auraient pu causer des blessés. Ils ont plutôt préféré encadrer la manifestation pour qu’il n’y ait pas de débordements.

« C’est une question d’équilibre, mais ce n’est pas une science exacte », a estimé David Shane. 

Mais lorsque le premier ministre François Legault a dit dimanche qu’il veut « s’assurer qu’il y ait des contraventions données le plus possible », ça ne risque pas d’arriver.

« Le SPVM ne va pas entamer une enquête d’envergure [pour identifier des contrevenants]. La gravité est moindre qu’une infraction criminelle », explique l’inspecteur, précisant qu’un « citoyen peut faire une plainte et le service de police va l’analyser ».

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