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Rapport Laurent: la communauté trifluvienne réfléchit à son rôle

Le rapport de la commission Laurent, sur la protection des droits des enfants, continue de faire réagir à Trois-Rivières, en Mauricie, 24 heures après son dépôt.

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Le conseiller municipal Dany Carpentier, également intervenant dans les centres jeunesse, se questionne sur le rôle de la Ville. «Si celle-ci ne peut intervenir dans la résidence des citoyens, elle peut assurément se préoccuper de ce qui se passe dans l'espace public», souligne-t-il.

«Une approche bienveillante à l'égard des enfants, ça part de leur milieu de vie», a-t-il fait valoir.

M. Carpentier, qui préside le Comité municipal de la sécurité des milieux, compte interpeller ses collègues du conseil municipal sur la question, le 11 mai prochain, à l'occasion d'une réunion de travail.

«Comment on peut, comme commission de sécurité des milieux, avoir une approche concertée, faire en sorte qu'on parle sécurité pas qu'à la police?» s'est-il questionné, lorsque rencontré par l'équipe de TVA Nouvelles.

Dans le milieu communautaire, on se réjouit des conclusions de la commissaire Laurent. La directrice de l'organisme COMSEP, Sylvie Tardif, explique que le communautaire est souvent le dernier rempart. Des interventions ciblées et concertées peuvent empêcher qu'une situation dégénère et que le dossier d'une famille n'aboutisse à la DPJ.

«Ça fait longtemps qu'on le dit, qu'il faut travailler en amont et aider les parents, avant que ça ne soit rendu trop difficile», a-t-elle commenté.

À la maison de la famille de Trois-Rivières, on offre un service de visites supervisées, un peu comme celles qu'impose parfois la DPJ, mais dans un cadre beaucoup moins formel. L'idée ici est de fournir un cadre moins administratif à une mesure qui vise à offrir un environnement sécuritaire aux enfants. Volontaires ou imposées, ces rencontres ont le mérite de travailler la revalorisation du rôle parental, a expliqué Andréanne Lascelle-Lavallée, présidente de l'organisme.

Pour Réal Boisvert, sociologue et retraité de la santé publique, l'approche de prévention est la voie à privilégier. «Les enfants qui sont le plus touchés par les signalements jeunesses, par la négligence, ça ne se distribue pas au hasard. Ils résident dans les quartiers les plus défavorisés. Ce n'est pas juste la DPJ qui peut régler le problème, c'est la communauté comme telle. Qu'on sache que ces jeunes-là, avant que ce soit un problème, c'est avant tout une capacité, c'est un potentiel de développement», a-t-il fait valoir.

Si tous s'entendent pour dire que la voie de la prévention est à privilégier, ils sont également unanimes à souligner que les ressources devront aussi être au rendez-vous.

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