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Spectacle de la fête nationale: une tradition compromise?

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Photo d'archives

Après une unique diffusion depuis Trois-Rivières en 2020 et Charlevoix en 2021, les spectacles télévisés de la fête nationale reviendront-ils à Montréal et à Québec l’an prochain, comme c’est la tradition depuis de nombreuses années ? Même si elle le souhaite « de tout cœur », la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, est incapable de confirmer leur retour en 2022. 

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La ministre a été bombardée de questions à ce sujet, mardi, lors de l’étude des crédits budgétaires en culture, à l’Assemblée nationale.

En raison de l’interdiction des grands rassemblements en vigueur depuis le printemps dernier, le ministère de la Culture et des Communications a allongé le budget alloué à la fête nationale de 1,8 million $ pour la présentation d’un seul grand spectacle télévisé qui, après Trois-Rivières, sera capté cette année à Charlevoix, le 24 juin. Il sera diffusé sur les quatre grandes chaînes.  

Le montant accordé pour célébrer la fête nationale passe ainsi de 5 millions à 7 millions de dollars, sans qu’un retour des spectacles télévisés traditionnels dans la métropole et la capitale soit officiellement au programme.

La Ville de Montréal s’inquiète déjà que la formule d’un seul spectacle télévisé en région soit permanente. Le conseil municipal a demandé au gouvernement, le 19 avril dernier, de garantir « dans les plus brefs délais » le retour du spectacle télévisé dans la métropole, dès 2022, et pour les années à venir.  

Il serait peu probable de voir trois spectacles, un à Montréal, un à Québec et un en région, être télévisés. 

Les porte-parole de l’opposition en matière de culture et de communications, Pascal Bérubé (Parti québécois) et Christine St-Pierre (Parti libéral), ont donc demandé à Nathalie Roy, mardi, de préciser sa vision pour les années à venir. 

« Il n’est pas question qu’il n’y ait pas de spectacles à Québec, à Montréal ou ailleurs, a confié Nathalie Roy. Il y a 1,8 million supplémentaire pour un grand spectacle télévisé en région. Un n’empêche pas l’autre. Pour le moment, il sera à Charlevoix pour les raisons évidentes que nous connaissons, a-t-elle souligné. Et je souhaite de tout cœur qu’il sera à Montréal et à Québec aussi. Mais nous prenons les choses une année à la fois compte tenu du contexte actuellement. » 

La sous-ministre adjointe responsable du Secrétariat à la promotion de la culture québécoise, Louise Chamberland, a aussi affirmé ne pas être en mesure d’offrir de confirmation pour 2022. « Les sommes sont là pour qu’il y ait des spectacles », s’est ensuite contenté de dire Nathalie Roy. 

Dépolitiser la fête  

« C’est troublant. On n’a aucune transparence, on ne connaît pas le plan de match du gouvernement », a pour sa part déploré Christine St-Pierre. 

Au cours de cet échange, il a aussi été question de la dépolitisation de la fête nationale, la ministre de la Culture ne souhaitant pas voir de drapeaux de partis politiques flotter au-dessus des têtes lors des festivités. 

La ministre souhaite dépolitiser la fête, et pourtant, Pascal Bérubé a affirmé qu’il avait su, en coulisses, que le gouvernement voulait faire passer le temps d’antenne de l’allocution du premier ministre François Legault de 30 secondes à une minute, lors de la télédiffusion. 

« Je ne suis pas au courant de cette information », s’est défendue Nathalie Roy.  

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