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Bolsonaro insinue que la Chine a créé la pandémie pour une «guerre chimique»

Le président brésilien Jair Bolsonaro a insinué mercredi que le virus de la COVID-19 avait été créé en «laboratoire» par la Chine, pour mener une «guerre chimique et bactériologique».

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«C'est un nouveau virus, personne ne sait s'il est né dans un laboratoire ou s'il est né parce qu'un être humain a ingéré un animal qu'il ne fallait pas», a déclaré le dirigeant d'extrême droite lors d'une cérémonie officielle à Brasilia.

«Les militaires savent ce qu'est une guerre chimique, bactériologique. Est-ce que nous ne sommes pas dans une nouvelle guerre? Et quel est le pays qui a vu son PIB augmenter le plus?», a-t-il poursuivi.

Le président Bolsonaro n'a pas cité nommément la Chine, mais le pays asiatique, d'où est partie la pandémie, est le seul membre du G20 à avoir connu une croissance en 2020 (+2,3%).

L'un de ses fils, le député Eduardo Bolsonaro, avait déjà répercuté cette thèse complotiste : en mars 2020, il avait accusé la Chine de «dissimuler» des informations sur le virus.

Il avait même fait un parallèle avec «la dictature soviétique», qui avait caché dans un premier temps l'ampleur du désastre nucléaire de Tchernobyl en 1986, s'attirant une très vive réaction des autorités chinoises.

Pour les détracteurs du président brésilien, ces critiques répétées envers la Chine ont gravement détérioré les relations diplomatiques entre les deux pays.

Le Brésil aurait plus de difficultés à importer depuis la Chine des doses de vaccins ou les principes actifs nécessaires pour les fabriquer. Des critiques réfutées par le gouvernement Bolsonaro, qui a invoqué des «problèmes bureaucratiques».

Ces tensions diplomatiques et le retard dans l'acquisition de vaccins sont des questions sur lesquelles se penche actuellement une commission d'enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire, dont les conclusions sont potentiellement explosives pour le gouvernement.

Mercredi, cette commission a auditionné l'ex-ministre de la Santé Nelson Teich, en poste seulement 28 jours, entre avril et mai 2020.

Il a confirmé devant les sénateurs qu'il avait démissionné faute de «l'autonomie nécessaire» pour mettre en place des politiques «fondées sur la science».

M. Teich a notamment fait état de pressions du président Bolsonaro pour imposer l'hydroxychloroquine comme traitement contre la COVID-19, alors que plusieurs études scientifiques ont conclu à son inefficacité.

M. Teich a été le deuxième des quatre ministres de la Santé du Brésil en fonction durant la pandémie, qui a fait plus de 411 000 morts dans le pays.

Lors de son discours de mercredi, le chef de l'État a enfoncé le clou, traitant de «vauriens» ceux qui s'opposent aux traitements précoces (comme l'hydroxychloroquine) sans présenter d'alternative».

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