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Doit-on préférer Pfizer et Moderna?

Alors que l'on confirme un troisième décès d'une personne par thrombose après avoir reçu le vaccin d'AstraZeneca, un message confus circule sur la sécurité et l'efficacité du vaccin.

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Le Comité consultatif national d’immunisation (CCNI) recommande en effet «de préférence les vaccins à ARN messager contre la COVID-19, autorisés en raison de l'excellente protection qu'ils offrent, et de l'absence des signalements préoccupants».

En entrevue au TVA Nouvelles, la présidente du CCNI, la docteure Caroline Quach, a tenu à remettre les choses dans leur contexte.

«Si on n’a aucun risque de COVID, d’avoir un vaccin associé potentiellement avec un effet secondaire important, il faut le prendre en considération», a-t-elle précisé.

«Ce que le CCNI a dit depuis le début c’est que c’est vrai que c’est une recommandation préférentielle d’utilisation de vaccin à ARN messager quand il y en a. Mais on a aussi dit que dans un contexte épidémiologique, où il y avait de la circulation de COVID de façon intense, il fallait que chaque personne évalue son risque à savoir s’il avait plus de risque d’attraper la COVID et donc d’avoir un risque de complication et d’admission aux soins intensifs et de décès versus un risque de 1 sur 100 000 de complication de thrombose.»

Pour la pédiatre microbiologiste-infectiologue, les futurs vaccinés doivent évaluer le risque individuel au moment de se faire vacciner.

«Si vous êtes toujours à la maison, que vous ne voyez personne et que vous savez que votre tour pour le vaccin ARN messager est dans une semaine, peut être que vous pouvez considérer attendre», a-t-elle indiqué.

«Présentement au Québec, on est rendu à vacciner les 40 ans et plus. L’AstraZeneca est autorisé pour les 45 ans et plus. Donc ces gens-là, quand ils s’enregistrent pour avoir le vaccin, auront un vaccin à ARN messager.»

Protection de l’AstraZeneca et 2e dose

Pour la présidente du CCNI, l’important en fin de compte est que les personnes qui ont reçu l’AstraZeneca depuis le mois de mars sont protégées contre la COVID-19.

«L’efficacité de terrain du Pfizer, Moderna et AstraZeneca est tout à fait équivalente pour la protection contre les hospitalisations et les décès causés par la souche ancestrale et le variant britannique. Il faut que les gens réalisent que depuis qu’ils sont vaccinés, ils sont protégés, ça on ne leur enlèvera jamais», a-t-elle fait savoir. 

«Et une fois qu’ils ont passé le trois semaines post-vaccin, le risque de thrombose n’est plus là. Donc les gens qui sont vaccinés depuis le 15 mars, c’est fini, ils sont protégés, c’est correct et je pense que c’était la bonne décision.»

Quant à savoir quelle deuxième dose les personnes vaccinées avec l’AstraZeneca recevront, la Dre Quach dit que le Comité consultatif est encore en analyse des études sur le sujet.

«On attend encore les données de l’étude en Angleterre. On a reçu les données d’innocuité, à savoir s’il y avait des effets secondaires ou pas, quand on combinait les deux vaccins. Mais on attend encore les données d'immunogénécité. Sachant qu’il n’y a presque plus d’AstraZeneca sur le marché présentement, pour cette deuxième dose-là, c’est tout à fait possible qu’on accepte un vaccin différent. C’est ce qu’on est en train de regarder au niveau national. On espère pouvoir sortir la recommandation la semaine prochaine», a-t-elle expliqué.

Vaccination des enfants

Alors que Santé Canada a donné son autorisation pour la vaccination des adolescents de 12 à 17 ans, le CCNI ne s’est pas encore prononcé sur le sujet.

«La première question sur laquelle on essaie de se pencher c’est : est-ce qu’on commence par des enfants avec des conditions médicales chroniques ou est-ce qu’on y va par groupe d’âge, parce que plus ils sont vieux, plus ils ont tendance à avoir de contacts? Toutes ces questions-là sont présentement sur la table. Mais je ne peux pas encore vous donner la recommandation du comité, on n’a pas encore terminé cette évaluation», a confié la médecin.

Selon elle, le Québec pourrait décider de faire la vaccination en milieu scolaire pour une des doses ou encore décider de le faire en centres de vaccination de masse. «Je ne me pense pas que ça ait été encore décidé.»

Quant à une vaccination contre la COVID-19 pour les enfants encore plus jeunes, rien n’est fait pour le moment.

«On attend encore les données. Il faut que les compagnies finissent de faire leurs études et les soumettent aussi aux régulateurs.»

Voyez l’intégralité de son entrevue dans la vidéo ci-dessus.