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Élections municipales: un silence à double tranchant pour Régis Labeaume

Le maire de Québec, Régis Labeaume

Photo Stevens LeBlanc

Le maire de Québec, Régis Labeaume

En tardant à dévoiler s’il sollicitera ou non un cinquième mandat, Régis Labeaume conserve un certain contrôle du programme politique, mais il court le risque de laisser ses adversaires prendre de l’avance, analyse un chercheur.

À six mois des élections municipales, M. Labeaume est l’un des rares maires d’une grande ville québécoise à ne pas avoir confirmé ses intentions.

«On a un plan. On suit le plan. On va vous revenir», a répondu le maire de Québec à un journaliste qui lui demandait s’il comptait bientôt annoncer ses couleurs, le 29 avril.

«Ça brouille un peu les cartes pour ses adversaires», estime Philippe Dubois, doctorant en science politique à l’Université Laval, qui a également été membre du cabinet de Démocratie Québec de 2014 à 2017.

Ligne de départ  

Si le maire de Québec entend bel et bien être candidat, cette stratégie peut avoir des effets pervers, car ses adversaires sont déjà sur la ligne de départ et sont plus nombreux que lors du scrutin précédent, soutient-il.

«D’un côté, on a Bruno Marchand [de Québec forte et fière] avec une organisation électorale qui semble solide et qui visiblement ramasse des contributions de façon importante», émet M. Dubois. De l’autre, Jean-François Gosselin et Québec 21 «ont déjà un mandat derrière la cravate».

«La machine [électorale], on a le luxe de ne pas la démarrer tôt lorsqu’on est en bonne position, mais lorsqu’on est contesté de façon un peu plus importante, on a intérêt à ce qu’elle soit bien rodée quand l’élection va arriver», affirme-t-il.

En novembre 2020, à un an des élections, un sondage Léger réalisé pour le compte du Journal plaçait M. Labeaume à 52% dans les intentions de vote, loin devant Jean-François Gosselin (16%).

Pas distraits  

En entrevue, les principaux prétendants au poste de maire assurent ne pas se laisser distraire par l’incertitude entourant l’avenir de Régis Labeaume.

«On a notre plan de match, on a notre agenda, puis on va de l’avant», déclare l’actuel chef de l’opposition, Jean-François Gosselin.

«Qu’il soit là ou pas, nous, on ne fera pas campagne contre le maire, on va mettre de l’avant notre programme, nos idées, et ce sera une campagne positive», certifie de son côté le chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau.

Le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand, avance toutefois que «cette hésitation [du maire], elle parle.»

«Si on est convaincu, on n’hésite pas comme ça. Si on a le feu sacré, on n’hésite pas comme ça», affirme l’ancien patron de Centraide Québec.