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Les camps de vacances au bord du gouffre

Il est minuit moins une pour les camps de vacances, qui interpellent le gouvernement afin de pouvoir enfin ouvrir leurs portes cet été. Pour couvrir ses frais, l’Association des camps du Québec (ACQ) et ses 400 membres ont demandé 10 millions $ au gouvernement Legault.

Après 14 mois à ronger leur frein, les colonies de vacances ont fait leurs devoirs. Une série de mesures a été suggérée pour rassurer la santé publique.

«La recette parfaite pour la relance», selon le directeur général de l’ACQ, Éric Beauchemin, interviewé par TVA Nouvelles mercredi.

Il est question notamment d’isolement préventif des jeunes, de la vaccination des moniteurs, de la formation de groupes-bulle, une surveillance accrue avec plus d'employés ainsi que de dépistage avant et pendant le séjour dans un camp.

Le but, selon le directeur général, est de présenter un environnement sécuritaire pour les enfants. «Même si le virus n’est pas présent sur un site, on va peut-être avoir un camp de vacances qui sera l’un des lieux les plus sécuritaires cet été. »

Devant cette situation, l'association demande de l'aide gouvernementale puisque les liquidités de plusieurs établissements commencent à s’épuiser. Et les mesures sanitaires auront un coût énorme.

Des 10 millions $ qui seront nécessaires, 6 millions $ seraient versés aux camps de vacances avec nuitées et 4 millions $ pour les camps de jour, qui eux pourront ouvrir comme l’an dernier.

Pour Sébastien Johnson, du Domaine scout à Trois-Rivières, l’aide est urgente. «Il y en a plusieurs qui sont sur la marge de crédit en ce moment et il n’y aucun revenu. C’est critique. Si les camps de jours se sont déroulés sans problèmes l’été dernier, est-ce qu’on peut prouver que nous sommes aussi capables de le faire?»

L’ACQ soutient que les deux tiers des 100 colonies de vacances au Québec prévoient ouvrir leurs portes si le soutien financier est accordé. Le temps commence à presser et un deuxième été de fermeture serait néfaste.

Au camp du Lac en Cœur de Lac-aux-Sables, la directrice générale Martine Dupont craint de perdre des employés.

«Avec l’incertitude, c’est certain qu’il y en a qui regardent ailleurs en ce moment», a-t-elle mentionné.

Elle ajoute que des établissements n’ouvriront tout simplement pas leurs portes si les contraintes sont trop nombreuses. «Si notre capacité d’accueil est coupée de moitié, mais qu’il faut tout de même avoir des employés pour surveiller et nettoyer, ça va grandement affecter la rentabilité», a déploré Mme Dupont.

Le bureau de la ministre Isabelle Charest a confirmé être en analyse concernant la demande d'aide financière. En ce qui a trait à l'ouverture des camps de vacances avec hébergement, la santé publique nationale soutient que des discussions sont en cours avec l’ACQ, qui elle, voit le temps s’écouler.