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Les restaurateurs ne veulent pas d’une quatrième fermeture

Bloc restaurant terrasse

Photo Fotolia

Si les restaurateurs gardent le moral malgré une année difficile, plusieurs craignent de revivre le scénario de Pâques, lorsque les salles à manger à peine rouvertes avaient subitement dû refermer. 

« Le moral, c’est pire que jamais. Cette troisième fermeture, ce troisième confinement a détruit mentalement beaucoup de personnes », affirme Yanick Parent, propriétaire des restaurants La Bûche, Bello, Don Vegan et, bientôt, Le Clan. Il affirme que certains de ses employés le prennent « très dur ».  

Les restaurateurs avaient reçu le feu vert pour accueillir de nouveau les clients dans les salles à manger après la semaine de relâche, le 8 mars dernier. Trois semaines plus tard, le gouvernement annonçait une nouvelle fermeture dès le 1er avril, alors que plusieurs avaient déjà fait le plein de denrées en vue du congé pascal. 

« Très difficile » 

« La dernière fermeture, je l’ai trouvée très dure. C’est très, très difficile parce qu’on ne sait plus quoi dire à nos employés », relate Marie Létourneau, du Resto Délice de Lévis. 

« De nous avoir ouvert rapidement après la relâche, pour ensuite nous refermer trois semaines plus tard, c’est vraiment ça qui m’a frustrée en tant que restaurateur personnellement », confie aussi Vanessa Roberge, copropriétaire du restaurant Tapas & Liège, à Sillery. « On veut juste que quand ils vont nous dire de rouvrir, on reste ouverts, pas qu’on referme. » 

Retour à la normale espéré 

Grâce à la vaccination qui progresse, Mme Roberge garde l’espoir d’un retour vers la normale. « Notre ambiance ici, c’est pas la grosse dépression, mais c’est juste qu’on a hâte de faire ce qu’on aime », dit-elle.  

« C’est plate à dire, mais mettre dans des plats de plastique la nourriture qu’on a faite avec amour [...], c’est sûr que ça mine un peu le moral des troupes parce qu’ils sont fiers de ce qu’on fait », illustre-t-elle. 

« Les gens n’ont jamais eu autant hâte de travailler de leur vie. On garde le moral, mais pour la majorité, c’est sûr que ce n’est pas facile », mentionne Fabio Monti, de L’Atelier et Ophelia.  

Malgré les impacts des restrictions, Martin Côté, propriétaire du café-resto Les Colocs, dans le Vieux-Limoilou, reste optimiste. « Le moral est bon », confirme-t-il.  

« En ce moment, on est en [mode] take-out seulement, donc on a perdu au-delà de 50 % de notre chiffre d’affaires, mais on a beaucoup d’aide du fédéral, des subventions salariales, au loyer, etc. Donc ça reste rentable », poursuit M. Côté.  

– Avec Elisa Cloutier