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L'état des écoles continue de se détériorer: 56% des immeubles sont vétustes

Photo d'archives, Agence QMI

L'état des écoles du Québec continue de se détériorer. Moins de la moitié des établissements scolaires sont dans un état satisfaisant, malgré une cible de 85% pour l’année qui vient.  

«En ce moment, on a 44% des bâtiments qui sont dans un état satisfaisant, donc 56% qui sont toujours dans un état insatisfaisant et doivent faire l’objet de travaux», a dû admettre mercredi le ministre Jean-François Roberge.  

Il était talonné en commission parlementaire par la députée solidaire Christine Labrie, qui a souligné que la vétusté des écoles s’est accrue depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ. En 2019, la Vérificatrice générale notait que 46% des bâtiments scolaires était dans un état convenable.  

Des souris dans les classes 

«Ça a continué de se dégrader, se désole l’élue de Sherbrooke. On a un réseau immobilier scolaire en décrépitude, je ne pense pas qu’il y a d’autres mots pour dire ça quand les gens nous disent qu’il y a des souris dans les classes, des crottes de souris dans leurs armoires».  

Christine Labrie montre du doigt la promesse électorale caquiste de réduire la taxe scolaire. Selon elle, en se privant de sommes importantes de la sorte, le gouvernement Legault a mis une croix sur l’objectif de rattrapage du déficit de maintien des actifs du parc immobilier scolaire.  

Le ministre de l’Éducation rejette cette théorie. «Ce n’est pas vrai qu’on peut investir à l’infini et que si on avait pas fait la baisse de taxe scolaire, on pourrait rénover plus vite. Il y a une limite, un moment donné, au marché de la construction quand tous les employés sont au travail», plaide-t-il.  

Jean-François Roberge signale que son gouvernement a investi 8,32 milliards $ en trois ans pour rénover les écoles, c’est-à-dire autant que dans les huit années qui ont précédé son arrivée.

«Un petit peu gênant»  

Le ministre a reconnu que le taux d’écoles vétustes est «un petit peu gênant». Il ne sait pas quand l’objectif fixé par son ministère, qui avait initialement prévu que 85% des immeubles scolaires serait dans un état satisfaisant en 2021-2022, sera finalement atteint.

«C’est sûr qu’en investissant plus que jamais, on va résorber ce maintien d’actifs, mais ça va prendre du temps. On part avec un retard considérable», a-t-il insisté. M. Roberge a ajouté que l’accent est mis en ce moment sur la ventilation dans les classes et la qualité de l’eau dans les fontaines des écoles.  

«On a engagé l’argent, souvent les travaux prennent plus d’un an, plus de deux ans, vous comprenez que c’est du moyen terme, c’est comme quand on plante une petite pousse d’arbre, on ne récolte pas les pommes tout de suite».