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Racisme: la Fraternité des policiers dénonce le choix d'un conseiller

Photo d'archives Agence QMI, MAXIME DELAND

Le conseiller choisi pour représenter la police de Montréal au sein de la Commission à la lutte au racisme et aux discriminations ne fait pas l'affaire de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, qui doute de son impartialité. 

Dans un message adressé à ses membres, la Fraternité explique que la commissaire Bochra Manaï, nommée en janvier dernier par la Ville de Montréal, a choisi de confier à Alain Babineau, un ancien policier de la Gendarmerie royale du Canada, le rôle de conseiller attaché au SPVM.

Or, M. Babineau est aussi un militant connu pour ses positions contre le profilage racial au sein de la police, un phénomène qu'il dénonce depuis des années, notamment à titre de conseiller pour le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).

«Il y a quelques mois, monsieur Babineau déclarait qu’il pouvait repérer un cas de profilage racial à l’odorat, une image inappropriée dans le contexte de dossiers souvent aussi sensibles que complexes», a souligné mercredi le président de la Fraternité, Yves Francoeur.

M. Babineau avait effectivement indiqué qu'il y avait comme une «odeur» de profilage racial dans l'arrestation de Mamadi III Camara, cet homme injustement accusé d'avoir agressé un policier du SPVM en février dernier, avant d'être libéré.

«Nous respectons son vécu et son droit de parole comme militant, même si nous déplorons fortement la rapidité avec laquelle il saute toujours prématurément à la même conclusion. Mais il est évident qu’un militant plaidant dans les médias contre les policiers et policières est mal placé pour susciter l’adhésion», a fait valoir M. Francoeur, qui estime que les postes à la commission devraient être pourvus par des gens «qui rassemblent et dont le passé témoigne de cette capacité».