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Retard académique: près d'un élève sur cinq a recours au tutorat

La directrice de l’école primaire Lajeunesse, Nadine Taillon, photographiée hier, affirme que les sommes accordées dans le cadre du programme de tutorat « ont fait toute la différence » dans son établissement situé dans un milieu défavorisé.

Photo Chantal Poirier

La directrice de l’école primaire Lajeunesse, Nadine Taillon, photographiée hier, affirme que les sommes accordées dans le cadre du programme de tutorat « ont fait toute la différence » dans son établissement situé dans un milieu défavorisé.

L’épidémie de COVID-19 a accru le retard académique des élèves. Près d’un enfant sur cinq aura eu recours à des services de tutorat en cette année scolaire pandémique, a appris Le Journal.

Pas moins de 162 657 jeunes Québécois auront bénéficié de l’aide d’un tuteur en 2020-2021, révèle un document interne du ministère de l’Éducation obtenu par notre Bureau parlementaire.

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Souvent, les employés actuels des écoles ont tenu à bout de bras ce programme annoncé en janvier par le ministre Jean-François Roberge et destiné aux écoliers qui en arrachent en raison de la pandémie. 

Cette année, 15 122 personnes auront offert des services de tutorat aux enfants du Québec et 95 % d’entre elles proviennent directement des centres de services scolaires, précise le document daté du 23 avril.

C’est le cas de Jessica Poirier-Brousseau, enseignante d’anglais intensif en 6e année dans une école de Québec. Elle offre du tutorat à huit élèves. « Je me suis portée volontaire, avec une collègue, sinon on n’avait personne », précise-t-elle.

La poursuite du programme de tutorat en 2022 « sera plus que nécessaire », insiste la prof. Elle espère que l’école pourra recruter suffisamment de personnes qualifiées. 

« Ma tâche est assez lourde comme ça, je ne serai pas volontaire l’an prochain », prévient-elle. 

« Cadeau de Noël » 

Directrice de l’école primaire Lajeunesse, à Longueuil, Nadine Taillon soutient que les sommes accordées dans le cadre du programme de tutorat « ont fait toute la différence » dans son établissement situé dans un milieu défavorisé.

« Cet argent-là nous est arrivé comme un cadeau de Noël », signale-t-elle. 

Les besoins étaient grands, dit-elle. Une orthopédagogue de son école, Véronique Héon, offre même des services de tutorat aux élèves ayant des problèmes de transport en enseignant en même temps à distance et en présentiel.

Manque de bras

Éric Pouliot, directeur de l’école secondaire Pointe-Lévy, sur la Rive-Sud de Québec, n’a pas réussi à recruter assez de personnel pour offrir du tutorat à tous les élèves qui en auraient eu besoin. 

« On a manqué de bras », laisse-t-il tomber, précisant qu’il a pu combler seulement 65 % à 70 % des besoins.

Et les retards scolaires ne se voient pas seulement dans les milieux défavorisés. Orthopédagogue à l’école primaire internationale de Greenfield Park, Maude Fortin a elle aussi décidé de donner du temps. 

« On a des élèves qui développent d’autres problèmes, comme de l’anxiété, et ça fait en sorte [qu’ils] bloquent face aux apprentissages », relate-t-elle.

- Avec la collaboration de Daphné Dion-Viens

Année scolaire 2020-2021  

Élèves qui auront bénéficié de services de tutorat

162 657 élèves (représente 18,7 % des élèves du primaire et du secondaire)   

Primaire : 103 410  

Secondaire : 59 247   


Personnes qui auront offert des services de tutorat

15 122 personnes  

Personnel des CSS : 14 226  

Candidats recrutés via la plateforme Répondez présent : 896   


Heures de tutorat rémunérées au total

1 004 909 heures  

Primaire : 666 557  

Secondaire : 338 352