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Une ombudsman pour l’Église catholique à Montréal

Les personnes maltraitées ou abusées par un membre de l’Église catholique de Montréal pourront maintenant avoir ou compter sur une oreille à qui se confier, avec la création d’un poste d’ombudsman indépendant qui facilitera le traitement des plaintes.

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Alors que les scandales en son sein se sont multipliés au cours des dernières années, l’Archevêché de Montréal crée un poste d’ombudsman afin de faciliter le traitement des plaintes.

C’est Me Marie Christine Kirouack qui deviendra la première à occuper cette fonction. Avocate depuis près de 30 ans, elle enseigne également à l’Université McGill et possède une longue feuille de route en intervention de crise.

«Je peux assurer que les personnes qui me contactent sentiront qu’une oreille attentive est là pour prêter attention à ce qu’elles ont à dire», a-t-elle déclaré.

La nouvelle ombudsman a également spécifié qu’elle ne forcerait pas les victimes à porter plainte si elles ne le désirent pas, expliquant qu’il est primordial qu’elles se sentent respectées à toutes les étapes de la démarche.

«Je serai disponible, si une personne désire que je l’accompagne pour porter plainte à la police, ou pour être à ses côtés durant un procès canonique ou criminel», a-t-elle cependant promis.

Les plaintes pourront concerner des événements antérieurs à son entrée en poste.

La création du poste d’ombudsman fait suite au rapport, rendu public en novembre, de la juge retraitée de la Cour supérieure du Québec, Pepita G. Capriolo, qui avait pour mandat d’enquêter sur les abus sexuels commis par l'ancien prêtre Brian Boucher. Elle a soumis une trentaine de recommandations, dont la création du poste d’ombudsman.

«Nous mettons sur pied un processus qui ne permettra plus qu’une personne maltraitée ou abusée puisse dire que personne ne l’a écouté», a souligné Mme Capriolo.

Les abus dénoncés, qui peuvent prendre toutes les formes, seront acheminés à un comité consultatif composé de sept membres, dont cinq laïques, qui auront pour rôle de faire des recommandations appropriées à l’archevêque et de faire un suivi auprès de l’ombudsman. Le comité, tout comme l’ombudsman, sera indépendant.

«On pose les gestes nécessaires pour libérer la parole, afin qu’aucun geste nuisible ne demeure, a pour sa part déclaré Mgr Christian Lépine, Archevêque de Montréal. Nous désirons que tous ceux qui s’approchent de l’Église le fassent en confiance et en sécurité dans toutes les circonstances.»

En 2019, le prêtre Brian Boucher avait été condamné à huit ans de prison pour des agressions sexuelles à l’endroit de deux garçons. La juge retraitée Capriolo avait alors reçu le mandat d’enquêter sur lui afin de déterminer «qui savait quoi et quand». L’Église a promis de mettre en œuvre les 31 recommandations du rapport qu’elle a produit.

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