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Washington favorable à la levée des brevets sur les vaccins anti-COVID

Les États-Unis ont annoncé mercredi qu'ils étaient favorables à la levée des brevets sur les vaccins anti-COVID, une prise de position exceptionnelle à l'heure où les pays pauvres manquent cruellement des précieuses doses, seules armes contre la pandémie qui poursuit ses ravages, notamment en Inde.

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«Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale, et les circonstances extraordinaires de la pandémie de la COVID-19 appellent à des mesures extraordinaires», a souligné la représentante américaine au Commerce Katherine Tai, soulignant l'urgence de la situation.

Le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué sur Twitter une «décision historique».

«L'administration croit fermement aux protections de la propriété intellectuelle, mais pour mettre fin à cette pandémie, elle soutient la levée» des brevets sur les vaccins anti-Covid, a justifié Mme Tai, précisant que Washington participait «activement» aux négociations menées à l'Organisation mondiale du Commerce pour permettre la levée de ces brevets.

La directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a, elle-même, fait de l'accès aux vaccins une priorité pour son organisation.

Pour l'heure, les brevets sont détenus essentiellement par des laboratoires américains qui sont globalement opposés à leur levée, car cela les priverait, selon eux, d'une manne financière pour des innovations coûteuses.

Sollicités par l'AFP, Johnson & Johnson, Pfizer et Moderna n'ont pas directement réagi à l'annonce américaine.

Mais la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA) a jugé «décevante» cette annonce.

«Nous sommes totalement en phase avec l'objectif que les vaccins anti-COVID-19 soient rapidement et équitablement partagés dans le monde. Mais comme nous n'avons de cesse de le dire, une suspension est la réponse simple, mais fausse à un problème complexe», a-t-elle expliqué.

Stephen Ubl, le président de la fédération américaine (PhRMA), a souligné que cette décision pourrait ainsi «affaiblir davantage les chaînes d'approvisionnement déjà tendues et favoriser la prolifération des vaccins contrefaits».

Selon lui, il faut plutôt s'attaquer au problème de la distribution et de la disponibilité «limitée» des matières premières.

L'annonce de Washington intervient alors que la fracture se creuse entre les nations déshéritées à la peine et les pays riches, où les campagnes de vaccination - bientôt élargies aux États-Unis aux adolescents et au Canada aux enfants dès 12 ans -, permettent une levée progressive des restrictions sanitaires.