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Les aires protégées dans le sud du Québec : beaucoup d’argent et de fausses justifications

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Le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoît Charette, a récemment annoncé des investissements de 40 millions $ avec Conservation de la Nature du Canada pour acquérir des terres qui deviendraient des aires protégées.

Devant le tollé créé en décembre dernier par le choix d’aires protégées toutes situées au nord du 49e parallèle, le ministre justifie ce choix par le fait qu’en zone nordique, on est en présence de terres publiques, «alors c'est plus facile à travers une décision gouvernementale de décréter des aires protégées... Plus au sud, ce sont des terrains qui appartiennent à des entreprises, à des organismes, à des particuliers, alors il faut en faire l’acquisition».

Région de Lanaudière

Dans Lanaudière, cette affirmation est fausse. La région compte 9328km2 de terres publiques, ce qui correspond d’après le PATP (plan d’aménagement du territoire public), à 66 % du territoire.

L’éco-corridor ÉCKO fait partie des 83 projets présentés au sud ignorés (sauf un 50 km2 dans la forêt Ouareau déjà coupé ou inaccessible). Notre demande consistait à protéger un territoire de 384km2 (275km2 dans Lanaudière, soit 0.03% des 9328km2) situé sur des terres essentiellement publiques au nord de Rawdon à une heure de la région de Montréal. Ce projet comprend le Mont Kaaikop (Laurentides), 2 parcs régionaux et une pourvoirie reliés par un corridor qui suit Le Sentier national.

ÉCKO pourrait englober le territoire mohawk de Tioweroton contigu au Mont Kaaikop qui a été octroyé en 1867 aux Autochtones, actuellement un territoire de chasse et pêche mohawk.

Ce corridor permettrait une circulation faunique certaine à cause de sa vaste étendue est-ouest. Il correspond en tous points à l’objectif du ministre de relier des milieux naturels sur des terres publiques «à la portée des citoyens».

Le ministre Charette dit aussi vouloir acquérir des terres privées qui sont en petites parcelles qu’il faudrait relier. Nous lui offrons exactement ce qu’il demande sans rien débourser...

Pourquoi ne pas profiter de toutes ces belles opportunités? Les justifications de M. Charette semblent prouver que c’est le ministre des forêts qui dirige le dossier. Ce dernier préfère réserver les terres publiques pour l’exploitation forestière. C’est ce qui ressort principalement de toute cette saga des aires protégées.

En remettant toujours à plus tard la désignation d’aires protégées dans des régions fréquentées par le public, le ministère de l’Environnement accélère la disparition des forêts anciennes. Elles sont déjà au seuil de l’extinction.

Élisabeth Le Pabic et Odette Lavigne pour ÉCKO et Les ami-es de la Forêt Ouareau

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