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Meurtre d’un musicien: tout est à refaire

Raymond Henry Muller

Capture d’écran, d’archives

Les jurés au procès du Montréalais accusé d’avoir tué et dépecé un partenaire de musique ont été incapables de s’entendre sur un verdict, si bien que tout sera à refaire lors d’un deuxième procès. 

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«Malgré nos efforts renouvelés, nous le jury avons été incapables d’en arriver à un verdict unanime. Nous croyons que nous serons incapables d’en rendre un», ont affirmé ce jeudi les 12 jurés dans une note adressée à la juge présidant le procès de Raymond Henry Muller.

Face à cela, et aussi parce qu’elle avait déjà été prévenue lundi que les jurés étaient dans une impasse, la juge Lyne Décarie n’a pas eu le choix que dissoudre le jury, et d’ordonner un nouveau procès.

«Poursuivre votre séquestration ne mènera à rien», a dit la juge aux jurés, tout en les rassurant que «cela arrivait» et qu’ils avaient néanmoins travaillé fort malgré l’issue du procès.

Muller, 54 ans, est resté impassible durant l’annonce.

Aux poubelles

Ce seront donc 12 autres personnes, à une date qui reste à être fixée, qui devront trancher sur le sort de Muller, un musicien itinérant accusé du meurtre prémédité et de l’outrage au cadavre de Cedric Gagnon, qui seraient survenus en juillet 2018 dans une résidence où logeaient les deux hommes.

Selon la preuve de la Couronne, Muller a tué son ami à coups de guitare avant de découper le cadavre et de disposer du corps dans différentes poubelles du quartier. Pendant plusieurs semaines, l’affaire était considérée comme une disparition, jusqu’à ce que Muller fasse une apparente tentative de suicide. Sur une note trouvée par les policiers, il y confessait le meurtre de M. Gagnon.

Interrogé par les policiers, il a fait de nouveaux aveux, donnant des détails précis sur le crime.

Le corps de M. Gagnon n’a jamais été retrouvé.

Peut-être vivant

Or, lors du procès, Muller a livré une tout autre version, alléguant n’avoir jamais tué son ami et laissant même entendre que ce dernier était même peut-être encore vivant. Il a juré que sa note de suicide était en fait les paroles d’une chanson, et que ses aveux aux policiers faisaient partie d’un plan pour retrouver le disparu.

«Mon plan, c’était d’être arrêté pour meurtre, d’aller en prison, pour que la photo de [la victime] soit vue par le monde et qu’il soit retrouvé, avait témoigné Muller. C’était ma chance de faire quelque chose de bien.»

À aucun moment durant le procès n’a-t-il été question de santé mentale, malgré le discours par moment décousu de l’accusé.

De toute évidence, la preuve présentée de part et d’autre a divisé les jurés, qui ont finalement frappé un mur ce jeudi.

«Peu importe les circonstances de la disparition de M. Gagnon, je suis plein de sympathie pour ce dernier», a fait savoir Me Andrew Barbacki de la défense, qui a piloté le dossier avec Me Jordan Trevick.

La Couronne, représentée par Mes Marie-Claude Bourassa et Alexis Dinelle, n’a pas souhaité commenter l’affaire étant donné qu’il y aura un nouveau procès.