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Coupable d’escroquerie envers une personne âgée à l’article de la mort

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Paul - stock.adobe.com

Une femme de la Montérégie a été déclarée coupable d’avoir escroqué un homme de 82 ans alors qu'il était à l'article de la mort, vendredi, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

France Benoît, 65 ans, a utilisé sa relation de proche aidante avec André Roy, décédé en octobre 2018, afin d’obtenir des avantages matériels et financiers par la manipulation. Elle a ainsi réussi à obtenir de lui, entre autres, deux voitures Nissan, un prêt de 5000 $, en plus d’encaisser un chèque falsifié de 10 000 $ quelques jours avant la mort de l’homme.

La trame  

France Benoît a pris en charge le ménage de la demeure d'André Roy et la préparation de ses repas dans les premiers mois de l'année 2018, a relaté la juge de la Cour du Québec, Anne-Marie Jacques, au moment de rendre son verdict.

En avril de cette année-là, André Roy prête une somme de 5000 $ à Mme Benoît qu’elle s’engage à rembourser. En juin, il lui achète une voiture usagée, mais France Benoît en est insatisfaite et lui fait part de ses doléances pour en obtenir une neuve.

En date du 24 août 2018, M. Roy achète un véhicule neuf à France Benoît et tous les paiements sont à la charge de ce dernier.

Mais, entre-temps, André Roy fait une chute dans les escaliers de son logement et se casse la clavicule. Mal en point, il entre en maison de convalescence le 29 août et effectue une déclaration à la police en septembre 2018. Il fait une nouvelle chute et décède le 31 octobre.

Pendant qu’André Roy est à l’article de la mort, France Benoît tente de l’escroquer et encaisse un chèque falsifié de 10 000 $.

Citant la déclaration faite par M. Roy aux policiers, la juge Jacques a dit, vendredi, que celui-ci «avait prêté de l’argent [à France Benoît] car elle avait joué avec ses sentiments».

Le jugement  

La juge a aussi qualifié la version de l’accusée concernant le chèque de 10 000 $ «de rocambolesque». «M. Roy lui aurait donné un chèque de 10 000 $ pour quelques petits plats et le nettoyage de sa maison pour une période d’au plus trois mois!» a affirmé celle qui préside le tribunal.

Ce faisant, Anne-Marie Jacques a déclaré la délinquante coupable de fabrication et d’utilisation de faux chèque. En ce qui concerne la fraude pour l’achat des voitures, la preuve n’a pu être faite hors de tout doute raisonnable, même si la magistrate considère que la criminelle a «très probablement commis le crime qu’on lui reproche».

France Benoît doit revenir en cour le 14 juillet pour les représentations sur la peine.