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La ministre Charest préoccupée par les révélations du documentaire Pression

Il faut se défaire des « vieilles mentalités » d’entraînement dans le sport d’élite, soutient la ministre Isabelle Charest, qui ne se dit pas surprise des révélations du documentaire « Pression ».

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La médaillée olympique, qui a elle-même vécu un problème de poids lors de sa carrière, reconnaît que le milieu peut parfois être toxique. 

La ministre déléguée à l’Éducation réagit aux témoignages du grand reportage « Pression », diffusé sur club illico, dans lequel certains patineurs artistiques de haut niveau dévoilent avoir souffert de troubles alimentaires, d’anxiété et de blessures non soignées durant leur carrière.  

Nutritionniste de formation, Mme Charest admet qu’il y a beaucoup de pression sur les athlètes concernant le poids. « Quand j’étais jeune, j’ai eu moi aussi un problème de poids, raconte-t-elle. On ne se le cachera pas, c’est un élément de performance. C’est souvent relié. Mais ça ne peut pas être pris en charge par quelqu’un qui n’a pas les compétences.» 

Tandis que certains patineurs dénoncent avoir été poussés jusqu’à mettre leur santé en danger, d’autres montrent du doigt la culture du silence et la proximité avec les entraîneurs. 

«Si on parle des abus psychologiques ou des méthodes d’entraînements, on a besoin de former les entraineurs pour qu’ils sachent comment entrainer des athlètes et comment les vieilles mentalités n’ont plus leur place, lance la ministre. Ce qu’on pensait qui était bon pour entrainer des athlètes, jusqu’à ce qu’ils en perdent connaissance, au bout de leur énergie, ça ne fonctionne plus. Il faut un changement de culture.» 

Mme Charest, qui est aussi ministre de la Condition féminine, se dit préoccupée par les révélations, mais pas surprise. «Je ne suis pas tombée des nues. Je viens du milieu du sport et je sais que ça peut être un milieu toxique pour bien des athlètes particulièrement dans des sports jugés et plus esthétiques. » 

«Trainer ça toute leur vie»

Une semaine après la sortie du documentaire et la publication des articles du Bureau d’enquête, les réactions affluent sur les réseaux sociaux et dans le milieu du patinage. Avant la ministre, Patinage Québec, l’organisme qui gère le patinage artistique au Québec, s’est aussi dit préoccupé par les révélations des six Olympiens à la retraite et d’une patineuse de l’équipe canadienne.  

«Il reste beaucoup de travail à faire, poursuit la ministre qui est médaillée olympique en patinage de vitesse. Mon objectif est que les jeunes évoluent de façon positive. Je ne veux pas qu’ils soient détruits pas une carrière sportive. Je sais qu’il y a des milieux plus problématiques que d’autres. Dans les dernières semaines, on a vu que ça touche particulièrement des milieux sportifs féminins. Ça fait partie d’une grande préoccupation. Les filles font moins de sport que les gars. Elles auront moins le gout de bouger. Pour les troubles alimentaires, elles vont trainer ça toute leur vie. » 

Pour s’assurer que les athlètes dénoncent tout abus, elle compte depuis février sur les fédérations pour mettre en place un poste d’officier indépendant. Cette personne devra gérer les plaintes des athlètes de façon neutre. La ministre a d’ailleurs annoncé en novembre dernier que l’investissement totalisant 1,4 M$ comprend aussi un soutien prolongé à la Chaire de recherche en sécurité et intégrité en milieu sportif de l’Université Laval ainsi qu’un financement additionnel à l’organisme Sport’Aide pour accompagner les jeunes sportifs victimes d’épisodes de violence. 

Coaching sain

Pour ce qui est des relations tendues entre les entraineurs et l’athlète, la ministre veut « professionnaliser le sport » avec des formations pour les entraineurs et ainsi abolir les vieilles mentalités qui poussent parfois l’athlète à une limite malsaine. 

« Ce n’est pas vrai que tu as besoin de harceler, d’intimider de maltraiter les athlètes pour qu’ils performent. Au contraire, si tu les traites comme il faut, ils vont t’en donner plus. Ce n’est pas vrai que la performance doit être associée aux sacrifices, à de la torture ou des méfaits », explique-t-elle en rappelant qu’il y a des exemples de « coaching sain » comme l’entraineuse Marie-France Dubreuil qui apparait dans le documentaire « Pression».