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Le Canadien (presque) sans Québécois

Il s’en est fallu de peu, mais l’honneur du Québec est sauf. En raison de l’absence de Phillip Danault, rentré à Montréal à cause d’une commotion cérébrale, le Canadien est passé à un cheveu de disputer un match sans aucun Québécois dans sa formation pour la première fois de son histoire.

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En matinée, le Tricolore a confirmé qu’Alex Belzile remplacera Danault dans la formation, ce soir à Toronto. Il s’agira d’un premier match de saison régulière dans la LNH pour l’attaquant de 29 ans. L’été dernier, il avait fait ses débuts avec le Tricolore en disputant six matchs dans la bulle torontoise, lors du tournoi éliminatoire.

C’est Stéphane Laberge, réputé statisticien, qui avait levé le drapeau, vendredi matin, sur son compte Twitter. Selon les recherches effectuées par Le Journal, sans Belzile en renfort, ç’aurait effectivement été une première.

De Didier Pitre à Danault, en passant par George Vézina, Sylvio Mantha, Walter Buswell, Jean Béliveau, Henri Richard, Vincent Damphousse ou David Desharnais, il y a toujours eu au moins un Québécois dans la formation.

Et, par Québécois, on identifie les hockeyeurs qui sont nés ou qui ont grandi dans la Belle Province. On ne parle pas strictement des francophones.

Doug Harvey? Ça compte. Torrey Mitchell? Ça compte. Benoit Pouliot? Ça ne compte pas. Aurèle Joliat, non plus. Vous voyez le principe. Ce n’est pas une question de langue.

Treize à la douzaine 

Avec le chemin ouvert par Émile Bouchard et Maurice Richard, c’était la manne chez le Tricolore dans les années 1950, 1960 et 1970. Il faut dire que l’équipe montréalaise avait pour ainsi dire la mainmise sur tout le territoire québécois. D’ailleurs, au repêchage de 1968 et 1969, elle avait l’exclusivité des deux plus beaux talents formés au Québec.

Même si on lui a retiré ces privilèges, le Tricolore a pu surfer sur cette vague jusqu’à la fin des années 1970 avec la présence des Jacques Lemaire, Yvan Cournoyer, Guy Lapointe et Serge Savard.

Ce dernier, devenu directeur général, avait une politique très claire à ce sujet pendant son séjour de 12 ans dans le siège du patron : celui de donner la chance aux p’tits gars du coin. Ce que les Nordiques faisaient, avant même leur arrivée dans la LNH.

La plus faible délégation de Québécois sous ses ordres? Huit, au cours de la saison 1986-1987. Exception faite de cette campagne, jamais Savard n’a vu moins de 10 joueurs québécois prendre place dans son vestiaire.

En 1990-1991, on en avait même dénombré 19. Évidemment, plusieurs n’ont été que de passage, mais la formation régulière en comptait tout de même habituellement plus d’une demi-douzaine.

La fin du règne de Bob Gainey et le début de celui de Pierre Gauthier ont marqué une coupure nette. De huit Québécois en 2008-2009, le Canadien est passé à trois en l’espace de quatre saisons.

Un reflet de l’époque 

Que le CH n’aligne aucun joueur ayant grandi à l’ombre du Centre Bell, ç’aurait fait bizarre, diront certains. Effectivement. Mais, tôt ou tard, cela va arriver. C’est un peu le reflet de l’époque actuelle.

Cette saison, 53 joueurs québécois (excluant les gardiens Marc-André Fleury et Jonathan Bernier) ont disputé au moins une rencontre dans la LNH.

De ce nombre, 33 ont revêtu leur uniforme pour au moins la moitié des matchs de leur équipe respective. C’est en plein dans la moyenne des 10 saisons précédentes. Une moyenne qui se situe à 32,6.