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Un projet de 19 logements abordables refusé par Saint-Bruno

Mathieu Ste-Marie / Agence QMI

Alors que le Québec semble faire face à une crise du logement et que le coût des loyers ne cesse de grimper, Saint-Bruno-de-Montarville refuse un projet de 19 logements dans son centre-ville.

«Comment une ville peut-elle refuser un tel projet? Ça ne peut pas être plus parfait. Il y a un besoin criant de logements locatifs à Saint-Bruno et la Ville veut dynamiser le centre-ville pour aider les commerçants», déplore le promoteur Brendan O’Dowd qui travaille depuis trois ans pour faire aboutir ce projet.

Celui-ci veut inscrire son projet au programme de logements abordables coordonné par la SCHL, comme il l’a fait pour trois autres projets auparavant. Pour faire partie du programme, le prix des loyers doit être de 10 % moins élevé que l’évaluation moyenne des loyers dans le secteur, dit-il. De plus, durant les dix premières années suivant la construction de l’immeuble, la hausse du prix des loyers est contrôlée, ajoute-t-il.

Avant de s’adresser à la SCHL, l’homme d’affaires souhaite d’abord avoir la permission de démolir ses deux maisons sur le chemin De La Rabastalière Est, acquises ces dernières années, pour y construire un nouvel immeuble. Le projet a été accepté par le comité consultatif d’urbanisme de Saint-Bruno au début de l’année, dit-il. Or, quelques semaines plus tard, le comité de démolition, composé de trois conseillères municipales, le refuse.

«Le comité de démolition a rendu sa décision qui a été sanctionnée par le conseil municipal. Tout a été fait dans les règles», a répondu le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, par l’intermédiaire de la directrice des communications Suzanne LeBlanc. Le maire n’a pas voulu accorder d’entrevue sur le sujet pour expliquer les raisons du refus.

Selon Brendan O’Dowd, la Ville bloque son projet principalement parce qu’il doit abattre 30 arbres matures. Pourtant, un rapport effectué par un consultant dans le domaine de la foresterie, Marc Grégoire, et commandé par le promoteur, montre que seulement sept arbres sont en bonne condition.

«J’ai même proposé de planter 15 arbres, de rajouter des haies de cèdres et un mur végétal», affirme celui qui a mis en ligne une pétition signée par environ 400 personnes afin de faire pression sur les élus.

Il rapporte que la Ville lui aurait suggéré d’acheter une maison voisine pour la démolir afin de faire plus d’espace pour les arbres. Le promoteur tente de faire l’acquisition de cette résidence depuis trois ans, mais dit que le propriétaire refuse toujours de la lui vendre.

Qualité de vie diminuée

Des citoyens, dont les locataires qui pourraient perdre leur logis si les maisons sont démolies, ont signé une pétition pour s’opposer au projet. Ceux-ci estiment que ces logements élimineront la verdure et nuiraient à la tranquillité du quartier, en plus d’augmenter l’affluence d’automobilistes.

«Cela causera une augmentation de pollution aérienne et sonore, qui diminuera la qualité de vie des citoyens», indique la pétition signée par un peu plus de 100 personnes.

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