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Action collective autorisée contre un ex-entraîneur qui aurait abusé des jeunes

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

La Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective contre la Ville de Longueuil et la succession d’un ex-policier, qui aurait agressé sexuellement plusieurs dizaines de jeunes pendant trois décennies alors qu’il était entraîneur de hockey. 

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«C’est un grand pas pour l’accès à la justice pour les victimes d’agression sexuelle», pense l’avocat Pierre Boivin du cabinet Kugler Kandestin, qui pilote le recours collectif. «Nous sommes très heureux que ça ait été autorisé tel que nous l’avions demandé. C’est la preuve que ce genre d’action collective peut marcher dans le cadre de dossier où on peut poursuivre des institutions pour la faute de leur membre», a-t-il poursuivi.

La requête, présentée le 1er septembre dernier, estimait à près de 11 M$ les dommages réclamés à la Ville de Longueuil et à la succession de François Lamarre, un ex-policier de la police de Montréal. 

Elle alléguait qu’à titre d’instructeur d’équipes de hockey mineur à Greenfield Park, sur la Rive-Sud, M. Lamarre aurait agressé sexuellement des dizaines, voire des centaines de jeunes.

François Lamarre avait été arrêté en décembre 2019 et faisait face à des accusations pour au moins 16 victimes qu’il aurait agressées entre 1972 et 1997, selon le Service de police de l’agglomération de Longueuil. 

Il est ensuite mort de causes naturelles en juillet 2020, à l’âge de 72 ans, avant de subir son procès.

Revers pour la Ville

L’action collective avance que la Ville de Longueuil a été négligente face aux abus allégués.

Devant les tribunaux, la municipalité avait plaidé ne pas pouvoir être tenue responsable «dans tous les cas de figure». Ses avocats avaient ainsi demandé que les victimes éligibles à l’action collective soient limitées aux personnes qui ont subi des abus sexuels alors qu’elles étaient inscrites dans une équipe de hockey.

Or, le Tribunal a donné raison à l’action collective qui réclamait que celle-ci puisse inclure tous les enfants ayant été agressés par M. Lamarre alors que celui-ci détenait le statut d’entraîneur.

«On est particulièrement content parce qu’il a utilisé son pouvoir pour agresser des joueurs de son équipe, mais aussi dans d’autres situations», allègue Me Boivin.

«La Ville de Longueuil prend acte du recours collectif qui a été autorisé et est à analyser le dossier», a déclaré la municipalité par courriel en réponse à la demande d’entrevue du Journal.

Anonymat

La Cour a également accordé le droit aux victimes de préserver leur anonymat, redoutant que plusieurs d’entre elles omettent de se manifester par crainte que leur identité soit dévoilée à leur entourage.

Seules deux victimes ont accepté de dévoiler leur identité, dont John Cormier, qui agit à titre de représentant de celles-ci.

Selon Me Boivin, plusieurs victimes se sont manifestées pour joindre le recours collectif depuis qu’il a été intenté et médiatisé. Il s’attend à ce que davantage de victimes se manifestent.

«On doit faire tout ce qu’il y a à faire pour amener le dossier à procès le plus vite possible», indique Me Boivin. «Dans le pire des cas, ce sera dans un an ou deux ans maximum», ajoute-t-il.