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Boucher a juré qu’il n’avait pas d’intention

procès meurtre

Capture d’écran, courtoisie de La Cour

Dès le lendemain du meurtre qu’il aurait commis, Vincent Boucher a affirmé à plusieurs reprises à un enquêteur ne pas avoir planifié de tuer son ex-conjointe, s’inquiétant déjà d’être accusé de meurtre prémédité. 

« Toutes les preuves sont contre moi, anyway. Ils ont mes empreintes sur tout. J’aime mieux parler pis peut-être le monde peuvent comprendre pourquoi j’ai fait ça, a-t-il soutenu avec émotion dès le début de son interrogatoire. J’suis pas une mauvaise personne, pis c’était zéro mon intention. »

Boucher, aujourd’hui âgé de 27 ans, est accusé de meurtre au premier degré de Laurie-Anne Grenier. 

Il subit son procès au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu depuis une semaine. Vendredi, la vidéo de son interrogatoire, qui a eu lieu le 16 décembre 2018, a été présentée au jury. 

« D’après moi, ça joue de mon bord de parler », a affirmé l’accusé, même si on lui avait indiqué qu’il avait droit de garder le silence. 

Durant les deux heures qu’a duré l’entretien, Boucher a raconté, souvent la voix nouée par les sanglots, comment il avait rencontré son ex-conjointe, mais aussi dans les moindres détails les circonstances horribles dans lesquelles il l’aurait tuée. 

Il a avoué l’avoir poignardée à plusieurs reprises, mais aussi de l’avoir étranglée. Il dit avoir tenté de mettre fin à ses jours par la suite.

« J’aimais cette femme-là du fond de mon cœur. Quand elle est venue le soir, je savais aucunement que ça virerait en boucherie. [...] Quand je l’ai tuée, j’étais totalement intoxiqué », a-t-il lâché, pour se justifier. 

Présumé innocent

À plusieurs reprises au cours de la discussion, Boucher a semblé être préoccupé qu’il puisse être accusé de meurtre prémédité.

« Ça, c’est pas meurtre prémédité, hein ? » a-t-il demandé à l’enquêteur à la toute fin de son interrogatoire. 

Ce dernier lui a rétorqué qu’il ne pouvait lui faire de promesses. 

Le juge Marc-André Blanchard, qui préside le procès, a pris soin de rappeler aux jurés que Boucher a beau avoir fait des aveux, il a tout de même plaidé non coupable et jouit donc de la présomption d’innocence, les enjoignant à prendre connaissance de toute la preuve avant d’en arriver à un verdict. 


La preuve de la Couronne est désormais close. Le procès devant jury reprendra mercredi, alors que des audiences en l’absence de ce dernier doivent être tenues la veille.