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Un chef complotiste prêt à fermer ses réseaux sociaux

Mario Roy

Capture d’écran d’archives

Un chef de file du mouvement contre les mesures sanitaires s’est dit prêt à se déconnecter de tous les réseaux sociaux, si cela lui permet d’être libéré pour aller tailler des pommiers dans un verger.

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« La taille des pommiers est cruciale pour la saison ! » a lancé Mario Roy, vendredi, pour tenter de démontrer l’urgence d’obtenir une caution.

Depuis sept semaines, le complotiste de 49 ans est détenu à l’Établissement de détention de Montréal, en lien avec des accusations de harcèlement et d’intimidation envers une avocate du Barreau du Québec. Il avait tenté d’obtenir une libération sous caution afin d’aller cueillir des pommes, mais un juge avait déterminé qu’il devait plutôt rester détenu en attendant son procès.

« J’ai du cidre de glace en préparation, je vais tout perdre », avait-il argumenté.

Il y a quelques semaines, il avait même montré des signes laissant croire qu’il était prêt à mettre de côté son militantisme contre les mesures sanitaires, afin de se consacrer à sa nouvelle vocation, soit de s’occuper d’un verger à Wickham, dans le Centre-du-Québec.

« J’y travaille à temps plein depuis décembre 2019 et j’y demeure pour en assurer la sécurité », a-t-il affirmé dans une déclaration assermentée présentée vendredi au palais de justice de Montréal.

Prêt à se soumettre  

Malgré un premier revers au tribunal, Roy n’a pas perdu espoir d’être libéré. C’est pour cela qu’il a déposé une demande de révision de cautionnement, vendredi. Et comme garantie qu’il ne causera pas de troubles pour la justice, il a proposé une série de conditions qu’il se dit prêt à respecter.

« Il s’engage à désactiver tous ses comptes sur les réseaux sociaux pour toute la durée des procédures et évidemment de ne pas en ouvrir d’autres », a affirmé son avocat Me Clemente Monterosso dans la demande.

À aucun moment n’a-t-il parlé de ceux qui le suivent sur internet et qui écoutent ses paroles.

Roy s’engage également à ne plus mentionner le nom de l’avocate qu’il aurait intimidée, à rester au Québec et à verser une caution de 5000 $.

« Il s’engage à respecter les institutions et l’autorité des tribunaux et coopérer à la saine administration du dossier », a ajouté l’avocat.

Cette condition est d’autant plus parlante que récemment, Roy a été déclaré coupable au civil d’outrage au tribunal, pour avoir violé une ordonnance lui interdisant de poser des gestes réservés aux avocats.

Dans son intérêt  

Convaincu du bien-fondé de sa demande, Roy espérait être entendu dans les prochains jours. Or, compte tenu de la durée prévue de l’audience, il ne sera entendu qu’à la fin du mois. 

Mécontent, il a répété qu’il « aimerait » être entendu plus vite, mais la juge Catherine Perreault lui a expliqué que ce n’était ni possible ni dans son intérêt.

« Je comprends la situation, mais la défense doit pouvoir présenter une preuve complète », a-t-elle dit en expliquant que c’est seulement à ce moment qu’un juge pourra prendre le temps de l’entendre.