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Vos vacances au Québec: Charlevoix parmi les chouchous

Charlevoix

Photo Simon Baillargeon

L’incertitude causée par la pandémie a vite fait place au soulagement l’été dernier dans la région de Charlevoix, que les touristes québécois ont littéralement prise d’assaut.  

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Les images de la célèbre rue Saint-Jean-Baptiste, à Baie-Saint-Paul, bondée de touristes l’été dernier sont encore fraîches dans la mémoire du maire, Jean Fortin. Celui qui gère la municipalité d’un peu plus de 7000 âmes a été aux premières loges pour constater la popularité de la région auprès des touristes. 

<em><strong>« Il y a déjà beaucoup de demandes de location auprès des campings, des résidences de tourisme. Le signal qu’on a, c’est qu’il y a encore un bon engouement pour Charlevoix cette année »</strong></em><br> 
 
<em>–Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul</em>

Photo Simon Baillargeon

« Il y a déjà beaucoup de demandes de location auprès des campings, des résidences de tourisme. Le signal qu’on a, c’est qu’il y a encore un bon engouement pour Charlevoix cette année »
–Jean Fortin, maire de Baie-Saint-Paul

Il trace même un parallèle avec Le Festif, populaire festival de musique qui anime Baie-Saint-Paul durant quelques jours, l’été. « Effectivement, ça ressemblait un peu comme si on avait eu Le Festif tout l’été. Pas juste l’affluence, mais à cause des personnes qui ont visité. Des plus jeunes, des jeunes familles », note M. Fortin. 

Plein air et distanciation 

La région s’est même classée deuxième au chapitre du taux d’occupation derrière la Gaspésie. « En août, nous avons presque le même taux d’occupation que dans une année normale », précise le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion.  

« Tout ce qui est plein air avait la cote », ajoute-t-il, en faisant référence à l’affluence en hausse des parcs nationaux de la région. 

C’est justement ce désir de grands espaces et d’intimité qui a bien servi Charlevoix et ses commerçants, notamment les propriétaires de petits établissements. 

L’Auberge des Eaux-Vives, juchée tout près du fleuve Saint-Laurent à Cap-à-l’Aigle, est de ceux-là. Même si les touristes européens lui permettent habituellement de remplir ses chambres longtemps d’avance, il n’a pas souffert de leur absence.  

« On a été sauvés par notre clientèle régulière. Des gens qui n’étaient pas venus depuis longtemps sont revenus nous voir », relate le propriétaire de la paisible auberge de trois chambres.    

  • Écoutez la journaliste Karine Gagnon ici   

Des ajustements 

Les commerçants rencontrés par Le Journal s’entendent pour dire que l’été 2021 devrait être au moins aussi bon que celui de 2020. Il faudra toutefois procéder à des ajustements. 

« J’ai réorganisé le restaurant avec seulement le tiers des places assises et pour que la file soit fluide. Je me suis organisé pour faire fonctionner le restaurant à trois employés au lieu de douze. On n’avait pas le choix, compte tenu qu’on s’attend à avoir beaucoup de touristes cet été », explique Olivier Harvey, qui exploite Harvey Smoked Meat depuis six ans, au cœur de La Malbaie. 

L’hôtel Le Petit Manoir du Casino a lui aussi vécu la « folie » de l’été dernier. 

Dès juin, l’établissement de 130 chambres a été submergé par une vague de demandes à laquelle le personnel a peiné à répondre. « C’était fou ! On courait partout. On parlait au téléphone comme des robots », se rappelle la directrice générale de l’hôtel, Christiane Lambert. 

La difficulté de recruter du personnel et un achalandage en montagnes russes font en sorte qu’elle magasine des bornes interactives pour gérer l’arrivée de voyageurs. 

À l’image des autres acteurs touristiques de Charlevoix, elle entrevoit et espère que les affaires seront bonnes cet été. Surtout, sans avoir à se casser la tête. 

L’industrie des croisières aux baleines « a sauvé les meubles »  

LES ESCOUMINS | Pendant que le reste de la Côte-Nord profitait d’une grande affluence de touristes, l’industrie des croisières aux baleines de Tadoussac, principal produit d’appel de la région, a dû se contenter « de sauver les meubles » l’été dernier. Et on ne s’attend pas à mieux pour la prochaine saison.

Privées de leur clientèle de groupe et des touristes hors Québec, les compagnies offrant des excursions aux baleines ont en plus dû composer avec une saison écourtée et des bateaux remplis à la moitié de leur capacité. 

« C’est une fraction d’une année normale », calcule la directrice générale de Croisières AML, Lucie Charland. Le plus gros joueur de l’industrie dans la région a réalisé 25 % de son chiffre d’affaires habituel, calcule-t-elle.

Le propriétaire de Croisières Escoumins, Gérald Harvey dresse le même constat. « On a pu sauver les meubles », image-t-il, à l’aube d’une dixième saison comme propriétaire de son entreprise. 

Gérald Harvey, propriétaire de Croisières Escoumins.

Photo Simon Baillargeon

Gérald Harvey, propriétaire de Croisières Escoumins.

Incertitude 

À l’image de 2020, l’été 2021 s’annonce teinté d’incertitude. M. Harvey espère que les Québécois seront au rendez-vous. 

« On sait qu’on va avoir du Québécois. L’année passée, on le savait. Je vois qu’ils ont le goût de voyager au Québec. Ç’a commencé à bouger au téléphone à partir de la mi-mars, alors que d’habitude, c’est la mi-mai. » 

Croisières AML misera à nouveau beaucoup sur les Passeports attraits qui offrent de généreux rabais aux touristes.

« On en a mis énormément sur le marché l’an dernier, et ce sera le cas encore cette année », ajoute Mme Charland, précisant qu’il y aurait une grande offre pour Charlevoix et Tadoussac. 

Pari payant

Mais pendant que l’industrie des baleines naviguait en eaux troubles, le reste de la Côte-Nord n’a pas manqué le bateau, assure le directeur général de Tourisme Côte-Nord, Paul Lavoie.  

Alors que la distanciation sociale apparaissait sur le radar des Québécois, Tourisme Côte-Nord a décidé de miser gros sur ce concept. Et le pari a été payant. « Du deux mètres, on en a beaucoup », rigole au bout du fil M. Lavoie. 

« On a vendu une expérience d’intimité dans l’immensité. Ce qui était un désavantage avant la pandémie est devenu un avantage. » 

La Sépaq parle, quant à elle, d’un « achalandage à un sommet historique » dans la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles.  

Tourisme Côte-Nord évalue à près de 225 millions $ les retombées économiques liées aux visiteurs. Une vraie manne que la région croit pouvoir faire croître dans les prochaines années malgré la pandémie. Les premiers signaux recueillis au cours des dernières semaines laissent croire que la saison sera bonne.

« Après les Fêtes, les statistiques de notre site web ont explosé. Le téléphone s’est mis à sonner », assure M. Lavoie, encore « étonné » par la créativité des entreprises « qui se sont virées de bord » pour faire de l’été 2020 « un succès ». 

Charlevoix et Tadoussac          

Jimmy Deschênes, de la Ferme 5 étoiles, et l’auteur Alain Demers, en compagnie de Jacob, un loup gris.

Photo courtoisie, Anaëlle Victor-Demers

Jimmy Deschênes, de la Ferme 5 étoiles, et l’auteur Alain Demers, en compagnie de Jacob, un loup gris.

La ferme 5 étoiles

Des vacances avec les animaux  

  • Durant un séjour dans ce centre de vacances de Sacré-Cœur, à l’ouest de Tadoussac,
    nous avons eu l’occa-sion de voir de près divers animaux du Québec, comme Rouky, un renard argenté, et Zoé, une femelle orignal.          
  • Ces bêtes, comme plusieurs autres, vivent paisiblement dans un refuge après avoir été trouvées orphelines ou blessées. On y côtoie aussi plusieurs animaux de ferme, comme des chèvres ou des oies.          
  • Aux alentours des enclos et de l’étable, sur le site même, se trouvent plusieurs types d’hébergement, allant de chambres de motel économiques aux studios grand confort. À dix minutes de route, on peut louer des chalets aux abords du fjord du Saguenay.                    

INFOS PRATIQUES  

  • Centre de vacances avec refuge d’animaux          
  • Activités : VTT ($), soin des animaux ($), kayak ($), observation des baleines ($), pêche ($), randonnée pédestre ($)          
  • Hébergement pour 2 personnes : motel à partir de 129 $/nuit, appartement à partir de 179 $/nuit, chalet à partir de 239 $/nuit, prêt-à-camper à partir de 159 $/nuit, suite à partir de 239 $/nuit, yourte à partir de 179 $/nuit, camping avec service à partir de 50 $/nuit, cabane à partir de 179 $/nuit          
  • Chiens non admis          
  • 1 877 236-4551  
  • ferme5etoiles.com   

VISITES  

  • Des visites par secteur sont organisées, lesquelles peuvent être espacées sur deux jours. En plus de petits animaux de ferme et un grand-duc, on y voit des chevreuils et des cerfs rouges. On a aussi l’occasion de faire connaissance avec Jacob, un loup gris imposant et Louna, une louve arctique.          
  • Dans un autre secteur s’ébattent orignaux et renards. Notre émerveil-lement se poursuit en allant au pied du fjord, pour marcher sur la berge à marée basse ou pour flâner sur le quai.                    

Le sentier des Caps

Les plus beaux points de vue de la côte  

  • Les meilleures loges pour bien voir le spectacle offert par les paysa-ges grandioses de la côte de Charlevoix se trouvent vraisemblablement le long du sentier des Caps.          
  • En jetant un coup d’œil sur la carte, on a l’impression que le réseau est destiné aux aventuriers partant plusieurs jours. Il y a pourtant des parcours plus accessibles. En voici deux.                    
Une halte à Petite-Rivière-Saint-François qui offre une vue à couper le souffle.

Photo courtoisie, Coopérative de solidarité l’Affluent, Guillaume Néron

Une halte à Petite-Rivière-Saint-François qui offre une vue à couper le souffle.

SECTEUR SAINT-TITE-DES-CAPS  

  • En partant du stationnement P2, à un peu plus de trois kilomètres de route de l’accueil principal du sentier des Caps, empruntez le sentier pédestre La Faille menant au refuge du même nom. Sur un belvédère accroché à un cap de roche, on admire le panorama sur le fleuve et les îles de Montmagny, puis sur le fleuve et les montagnes. Longueur : 6 km aller--retour. Durée : 2 heures. Niveau : facile et intermédiaire.                    

SECTEUR LE MASSIF  

  • À Petite-Rivière-Saint-François, à l’ouest du Massif de Charlevoix, le chemin du Massif par la route 138 aboutit à l’accueil. De là, un sentier mène au fameux refuge Liguori, d’où l’on a un point de vue sur le majestueux Saint-Laurent et sur L’Isle-aux-Coudres. Distance : 6 km aller-retour. Trajet : de 2,5 à 3 heures. Niveau intermédiaire.                    

INFOS PRATIQUES  

  • Longueur totale du réseau : 65 km (de Saint-Tite-des-Caps au village de Petite-Rivière-Saint-François)          
  • Accueil principal : Saint-Tite-des-Caps          
  • Accueil saisonnier : Petite--Rivière-Saint-François (fermé l’été, mais le secteur reste accessible)          
  • Hébergement : refuge à partir de 32,50 $/nuit          
  • Tarif : 8,50 $/adulte          
  • Chiens admis en laisse pour la randonnée d’une journée          
  • 1 866 823-1117  
  • sentierdescaps.com