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Une mobilisation d’envergure pour dénoncer la situation dans les garderies

Un grand nombre de femmes et d’hommes du milieu de la petite enfance se sont mobilisés dimanche avant-midi afin de dénoncer la pénurie de places dans les services de garde.

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Une dizaine de manifestations assises («sit-in») ont été organisées à travers le Québec par les organismes Ma place au travail et Valorisons Ma Profession sous le thème «Pas de fleurs pour la fête des Mères».

Les représentants du mouvement ont déploré que 50 000 places en services de garde soient recherchées à travers la province et qu’il manque environ 3000 éducatrices afin que la machine opère correctement.

Les travailleuses actuelles, elles, sont exténuées depuis le début de la pandémie.

«S’il faut que je m’isole, on a de la misère à trouver une remplaçante. [...] On a des problèmes à se faire remplacer, en plus qu’on est à bout de souffle. Ça se reflète là, le manque de personnel en éducation à l’enfance», a exposé en entrevue avec TVA Nouvelles Mariève Gaudet-Péloquin, une éducatrice dans un centre de la petite enfance de Laval.

Plusieurs autres se sont dites peu valorisées par le gouvernement, en plus de devoir composer avec des tâches plus compliquées, notamment en raison des enfants qui requièrent des soins particuliers.

Québec a récemment débloqué une somme de 97 millions $ pour développer davantage le réseau et un autre montant de 67 millions $ pour la formation accélérée des éducatrices.

Malgré tout, c’est avec scepticisme que ces nouvelles sont accueillies, à savoir si l’aide gouvernementale fera vraiment une différence sur le terrain.

Un recul pour les femmes    

Il n’y a pas que pour les travailleurs en CPE que la crise frappe dur. Les mères qui ne peuvent placer leurs enfants dans des établissements en souffrent aussi.

«C’est un recul pour les femmes. C’est un recul pour les petits enfants, qui ont besoin de socialiser, qui ont besoin de voir d’autres bébés. Avec la pandémie, ma fille n’a vu personne. Si je n’ai pas de service de garderie, j’ai vraiment peur pour son développement», a mentionné Narimane, une mère rencontrée au parc La Fontaine, à Montréal.

Plusieurs femmes n’ont pu retourner au travail puisqu’elles devaient s’occuper de leurs poupons au cours de la pandémie. Ce n’est que l’une des contraintes auxquelles elles font face, selon la porte-parole pour le mouvement #MaPlaceAuTravail, Loïka Ettien.

«Présentement, on est inscrit sur 50 listes d’attente, le maximum qu’on peut être inscrit sur La Place 0-5. On a eu un retour de trois garderies, dont deux étaient en haut de 60 $ la journée et une à 48 $. Présentement, on a pris celle à 48, qui est à environ 30 minutes à pied de chez moi», a raconté celle qui doit composer avec l’absence d’autobus dans son coin.