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Représentativité des effectifs: le SPVM veut être plus inclusif pour les minorités

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Reconnaissant le manque de représentativité dans ses effectifs, la police de Montréal veut recruter davantage au sein de la diversité de la métropole. 

«Il y a quelques années, ce qu’on disait, c’est qu’il n’y en avait pas dans le bassin de recrutement, parce qu’ils ne postulent pas. Maintenant, on arrête de donner cette réponse et on veut les encourager à postuler. On devient proactif», a expliqué l’inspecteur Miguël Alston, responsable de l'attraction d'une main-d'œuvre diversifiée au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ce dernier dévoilait lundi devant la Commission de la sécurité de la Ville de Montréal les initiatives que le SPVM mettra en place afin d’améliorer la diversité et la représentativité au sein de ses effectifs policiers.

Le SPVM devrait élaborer un plan d’action qui sera axé en priorité sur le développement d’activités pour les jeunes et leurs parents, ainsi que sur des campagnes de communications, sur les réseaux sociaux notamment.

Pour l’instant, le SPVM mise surtout sur une présence accrue dans les écoles, notamment avec la création d’un projet-pilote dans le quartier Saint-Michel, où des élèves du secondaire auront droit à des activités parascolaires pour découvrir le métier de policier.

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«On va évaluer les effets de ce projet-pilote et, s’il fonctionne bien, on pourra l’utiliser dans d’autres quartiers», a résumé M. Alston.

D’autres initiatives incluent l’embauche de cadets «issus des minorités ciblées», qui pourront découvrir le métier au sein de postes de quartier, et la promotion du milieu auprès de radios communautaires haïtienne et maghrébine.

Selon les chiffres dévoilés par le SPVM, 8,21% de ses policiers feraient partie d’une minorité visible et 4,31% seraient d’une minorité ethnique en 2020. Des proportions qui ont bien peu changé au cours des cinq dernières années, et qui sont bien loin de représenter la diversité présente sur l’île de Montréal.

Lors du dernier recensement, 33% de la population de l’agglomération montréalaise s’identifiait en tant que minorité visible.

Une image à améliorer

Le principal écueil reste toutefois l’image que les minorités ont de la police, selon un sondage interne effectué par le SPVM auprès de «jeunes policiers des groupes cibles».

Cette confiance sera toutefois très difficile à rebâtir, selon Cassandra Exumé, coordonnatrice générale de Hoodstock, qui s’était penché sur le sujet au cours d’une entrevue avec l’Agence QMI en avril dernier.

«Ce n’est pas normal que les gens des communautés marginalisées ne se sentent pas en sécurité, et qu’ils aient même une peur de la police. On reçoit des appels de personnes qui ont des traumas par rapport à leurs interactions avec la police», a-t-elle expliqué.

Elle a admis être à court de réponses quant aux gestes qui pourraient être posés afin de rétablir la confiance du public, ajoutant qu’il est nécessaire de repenser le système. À titre d’exemple, elle s’est demandé s’il est nécessaire que ce soit la police qui intervienne lorsque des jeunes traînent dans un parc.

«Quand un jeune à une interaction difficile, ça a aussi des conséquences sur sa famille et ses proches», a-t-elle constaté.