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Un bon moment pour souscrire à une hypothèque inversée?

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Les propriétaires retraités peuvent utiliser la valeur de leur maison pour combler leurs revenus grâce à l’hypothèque inversée.

Les conditions actuelles du marché immobilier rendent-elles ce produit plus intéressant ?

Pas plus qu’avant. Voici pourquoi.

Un produit de niche

L’hypothèque inversée permet de recevoir un certain montant d’argent basé sur la valeur de sa maison, tout en continuant à y habiter. Le prêt peut atteindre 55 % de cette valeur, selon l’âge du propriétaire, l’état de l’immeuble et l’endroit où ce dernier est situé.

La somme peut être versée d’un seul coup ou sous forme de paiements périodiques. L’emprunteur n’a rien à rembourser et les intérêts s’accumulent avec le temps. Ce n’est qu’à la vente de la maison que le prêt doit être acquitté.

Le principal défaut de ce produit : son coût élevé. Les taux d’intérêt oscillent entre 4,5 % et 6 %, contre une fourchette de 2,45 % à 2,95 % pour une marge de crédit hypothécaire.

Selon Ryan La Haye, courtier chez Planiprêt, l’hypothèque inversée représente une solution de dernier recours. 

« Si on peut obtenir une marge de crédit, on privilégie cette option. Si c’est impossible, on se tournera vers les autres actifs du propriétaire afin de vérifier s’il n’y a pas autre chose à faire. Si les revenus et les actifs sont vraiment insuffisants, alors on considérera l’hypothèque inversée », explique-t-il.

Chaque année, des dizaines de clients cognent chez lui dans le but de souscrire à une telle hypothèque, mais la solution n’est appropriée que pour une petite minorité. « J’en signe deux ou trois par an, pas plus », dit-il.

La marge de crédit

À moins d’avoir bousillé son dossier crédit au cours des dernières années, on conserve toujours de bonnes chances d’obtenir une marge hypothécaire.

Idéalement, il faut prévoir le coup et demander cette marge de crédit au moment de signer le dernier terme de son hypothèque, quand on génère encore des revenus de travail. Le propriétaire conserve ensuite cette capacité de crédit aussi longtemps qu’il garde sa maison.

Sinon, certaines institutions offrent des marges de crédit hypothécaire qui visent spécifiquement les besoins des retraités. Ces produits permettent d’emprunter de 40 % à 50 % de la valeur de leur propriété.

Parmi les désavantages de la marge, on relève souvent l’obligation de payer chaque mois les intérêts. Mais on peut facilement puiser dans la marge pour couvrir les intérêts (oui, retirer de l’argent pour le déposer à nouveau ensuite). Certains produits, comme l’hypothèque « Manuvie Un », capitalisent automatiquement les intérêts, qui sont ajoutés au montant de l’emprunt sans que des opérations soient nécessaires de la part du client.

Il n’y a aucune raison de préférer l’hypothèque inversée à la marge de crédit hypothécaire, moins chère et plus flexible. On l’envisage si l’on n’a pas d’autres choix. 

Conseils  

  • Deux institutions financières offrent des hypothèques inversées, la Banque HomeEquity et la Banque Équitable. 
  • Le coût d’emprunt avec une hypothèque inversée est élevé. Méfiez-vous des conseillers qui proposent d’emprunter le maximum d’un coût dans le but de faire fructifier cet argent. Ce type de manœuvre est trop risqué. Optez pour des versements périodiques, moins coûteux en intérêts. 
  • Selon Ryan La Haye, la commission versée au représentant sur la vente d’une hypothèque inversée s’élève à 1,5 % de la valeur du prêt, ce qui est plus payant pour lui que d’ouvrir une marge de crédit hypothécaire.  
  • La solution la plus simple consiste souvent à vendre sa maison et à emménager dans un espace plus petit et moins cher.