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Urgence de rattraper des élèves d’ici la fin des classes

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Les élèves du secondaire sont de retour en classe ce matin, après cinq semaines d’enseignement à l’écran. Dans les écoles, le sprint final s’amorce afin de « réchapper » ceux qui en ont souffert alors que les craintes d’une augmentation du taux d’échec sont bien présentes.

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« C’était le temps que ça s’arrête, on allait atteindre le point de rupture », lance Maude Laflamme, directrice de l’école secondaire L’Odyssée, qui a laissé échapper un cri de joie lorsqu’elle a appris que l’école en ligne tirait à sa fin.

« Il y avait moins de présence en ligne, les caméras se fermaient, les travaux étaient moins faits. Je sentais qu’on allait en perdre quelques-uns », ajoute Mme Laflamme, qui a fait revenir en classe quelques élèves pendant la période de fermeture pour éviter qu’ils décrochent (voir plus bas).

Comme plusieurs autres directeurs d’école avec qui Le Journal s’est entretenu, Mme Laflamme redoute une augmentation du taux d’échec en fin d’année à la suite de cette période d’enseignement en ligne, qui a représenté un passage à vide pour certains.

« C’est sûr que c’est une crainte. On va essayer de rattraper les choses rapidement, mais le délai est très court d’ici à la fin de l’année », laisse-t-elle tomber.

Baisse des résultats

À l’école secondaire Pointe-Lévy, sur la Rive-Sud de Québec, le directeur, Éric Pouliot, entrevoit déjà une hausse du taux d’échec de 10 à 15 points de pourcentage dans certaines matières, surtout en troisième secondaire.

Au Séminaire des Pères Maristes, une école privée de Québec, on constate aussi une baisse des résultats comparativement à la première étape.

Son directeur, François Sylvain, tient toutefois à préciser que rien n’est joué encore, même si le dernier bulletin compte pour 65 % de la note finale.

Des examens à la chaîne ?

Les évaluations à venir pèseront lourd dans la balance, ce qui fait monter le niveau d’angoisse dans les rangs des élèves, constate M. Sylvain. 

« Plusieurs jeunes ont peur d’être submergés d’examens pendant les journées en classe, mais c’est vraiment ce qu’on veut éviter », affirme le directeur, qui s’est fait interpeller par de nombreux élèves à ce sujet depuis l’annonce du retour en classe.

À l’école secondaire de L’Envol, qui accueille des élèves de première et deuxième secondaires à Lévis, on admet qu’il y aura forcément plus d’examens qu’à l’habitude dans les prochaines semaines. 

Mais son directeur se fait rassurant puisque les évaluations seront davantage intégrées aux apprentissages en classe.

« Il y a d’autres façons d’évaluer qu’en faisant des examens formels », indique Marc-André Smith. 

À la rescousse des ados    

DES ÉLÈVES À L’ÉCOLE MALGRÉ LA FERMETURE

Des élèves de l’école secondaire L’Odyssée sur le point de décrocher parce qu’ils « n’en pouvaient plus de l’enseignement à distance » ont pu revenir en classe pour suivre leurs cours en présence d’un enseignant. « Au lieu qu’ils décrochent, on s’est dit qu’on allait faire une petite entorse aux règles en les faisant venir ici et ç’a vraiment fait une différence », affirme la directrice, Maude Laflamme.


L’ÉCOLE QUI COGNE À LA PORTE

Des membres du personnel de l’école secondaire du Mont-Sainte-Anne à Beaupré sont allés, jeudi, cogner à la porte d’une quarantaine de jeunes qui avaient « complètement décroché » de l’enseignement en ligne. « On est allé directement à la maison pour voir ce qu’il était possible de faire pour les soutenir. On veut leur montrer que tout n’est pas perdu même si ç’a glissé depuis trois semaines », affirme le directeur, Luc Paquet.


DES CAMPS PÉDAGOGIQUES LE SAMEDI

Environ 80 élèves de l’école secondaire du Mont-Sainte-Anne vont aussi participer à quelques reprises d’ici la fin de l’année scolaire à des « mini-camps pédagogiques » le samedi, ce qui leur donnera un coup de pouce avec le retard accumulé dans deux ou trois matières de base.  

Il reste peu de temps   

22 JOURS D’ÉCOLE, 11 JOURS EN CLASSE

La fin de l’année scolaire approche, et le compte à rebours est bel et bien commencé. Au Séminaire des Pères Maristes, il ne reste que 22 jours au calendrier scolaire, ce qui représente 11 jours sur les bancs d’école pour les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire, qui sont de retour en classe un jour sur deux. Au centre de services scolaire de la Capitale, 30 jours d’école séparent les élèves des vacances estivales, dont une quinzaine en chair et en os devant leurs enseignants pour les plus âgés.

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