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Arsenault voulait séduire la sœur d’Eugenie Bouchard

Danny Arsenault, lundi, au palais de justice de Montréal, en marge de son procès pour harcèlement contre Charlotte Bouchard.

Photo Pierre-Paul Poulin

Danny Arsenault, lundi, au palais de justice de Montréal, en marge de son procès pour harcèlement contre Charlotte Bouchard.

Le Montréalais accusé d’avoir harcelé la sœur d’Eugenie Bouchard a beau dire qu’il ne s’agissait que de commentaires sous des publications publiques, la peur qu’ils ont générée chez elle était bien réelle, a témoigné cette dernière, lundi.

« Il avait publié une photo à côté de mon travail. Je ne savais pas à quoi il ressemblait, j’avais peur chaque fois que quelqu’un me regardait trop longtemps dans la rue, je ne me sentais pas en sécurité à Montréal », a affirmé Charlotte Bouchard, lundi, au procès de Danny Arsenault.

Arsenault, 42 ans, fait face à des accusations de harcèlement et de communications harcelantes envers la sœur de la joueuse de tennis Eugenie Bouchard. De 2014 à 2017, le Montréalais aurait utilisé plusieurs pseudonymes pour inonder la page Instagram de la jeune femme, visiblement dans l’espoir d’avoir une relation avec elle. 

Une photo de lui sans masque.

Photo Pierre-Paul Poulin

Une photo de lui sans masque.

Il pouvait ainsi écrire jusqu’à 150 commentaires sous une publication, parfois par tranche de 50 à la fois. Des commentaires comportaient des mots doux, tandis que d’autres étaient beaucoup plus explicites. 

« C’était très obsessif, parfois délirant, comme quand il me disait de ramener du lait en rentrant à la maison, a dit Mme Bouchard. C’était aussi parfois très sexuel. »

Charlotte 
Bouchard.
Plaignante

Photo Chantal Poirier

Charlotte Bouchard. Plaignante

La femme a depuis quitté Montréal pour travailler comme directrice artistique à Londres, si bien qu’elle a témoigné par visioconférence.

Il « courtise » 

Pendant la lecture des messages, lundi, Arsenault a été pris en train de ricaner. Averti par un constable spécial, l’accusé s’est excusé, disant « avoir honte ».

Mais cette honte ne semble pas l’empêcher de laisser entendre qu’il n’avait rien fait de mal, puisqu’il écrivait sous des publications publiques et non en messages privés.

« Je courtise les filles à ma façon, a-t-il dit aux enquêteurs en février 2018. Je me suis essayé avec pas mal de vedettes, j’étais limpide, honnête, dans le but de séduire. »

Et s’il avait arrêté d’écrire à Mme Bouchard, c’est qu’il a « abandonné » après toutes ces années.

« Je me suis beaucoup trop investi dans cette relation-là », a-t-il dit, laissant croire qu’il avait l’impression d’avoir créé une relation avec la femme.

Arsenault se défend seul. Il pourrait témoigner aujourd’hui. Malgré des antécédents psychiatriques, il a dit qu’il ne voulait pas invoquer la santé mentale dans son dossier.