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Au moins 28 morts dans les échanges de tirs entre Israël et la bande de Gaza

Roquettes contre frappes aériennes. Un déluge de feu s'abat mardi sur la bande de Gaza et le sud d'Israël, tuant au moins 26 Palestiniens et deux Israéliennes, dans la pire escalade des dernières années entre le Hamas et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de violences à Jérusalem-Est.

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Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a fait état de 26 morts, dont neuf enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

Côté israélien, une pluie de roquettes s'abattait sur les villes d'Ashdod et d'Ashkelon situées au nord de la bande de Gaza, le Hamas affirmant avoir lancé dans l'après-midi 137 roquettes en moins de cinq minutes, un barrage donnant des maux de tête au bouclier antimissile israélien «Dôme de Fer».

Les services de secours ont fait état de deux Israéliennes tuées à Ashkelon dans les frappes qui ont fait aussi d'une trentaine de blessés, principalement dans cette ville.

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De nombreuses roquettes sont tombées sur ces villes israéliennes, ont constaté des équipes de l'AFP sur place, l'un des projectiles s'abattant sur une école, qui avait toutefois été fermée par les autorités en raison de l'escalade militaire.

L'armée israélienne avait frappé à la mi-journée environ 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a indiqué l'armée israélienne.

«Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza», a prévenu mardi le porte-parole de l'armée Jonathan Conricus, rapportant la mort d'au moins 15 membres du Hamas et du Jihad islamique.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a approuvé une demande de l'armée de mobiliser 5 000 réservistes, mais il n'était pas clair dans l'immédiat quand cette décision serait appliquée.

Concert de sirènes

Mardi après-midi, les sirènes continuaient de retentir dans les localités israéliennes jouxtant Gaza.

La branche armée du Hamas a promis de faire d'Ashkelon un «enfer» si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles à Gaza.

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«Les Palestiniens finiront par gagner», a affirmé le chef du mouvement islamiste, Ismaïl Haniyeh.

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l'Etat hébreu d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi.

Fait rare, les sirènes ont même retenti lundi à Jérusalem. Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de km de la Ville sainte.

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Le conflit pourrait durer «un certain temps»

Les frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019. À l'époque, l'État hébreu avait mené l'assassinat ciblé d'un haut commandant du Jihad islamique, Baha Abou al-Ata, responsable de nombreuses attaques en Israël.

Après la mort de son commandant, le Jihad islamique avait lancé environ 500 roquettes vers Israël qui avait pilonné de son côté les positions de ce mouvement en tentant toutefois d'épargner celles du Hamas, pour ne pas compromettre une trêve avec ce mouvement.

Mais lundi, le Hamas a lui-même promis une escalade si les forces israéliennes ne quittaient pas l'esplanade des Mosquées.

Et dans la foulée, il a multiplié les tirs de roquettes sur Israël qui célébrait alors le «Jour de Jérusalem», marquant la conquête et l'annexion de la partie orientale de la Ville Sainte par les forces israéliennes en 1967.

«Israël réagira avec force (...), celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d'Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps», a prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu'une «ligne rouge» avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Des sources diplomatiques ont affirmé lundi à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Égypte, avait amorcé une médiation auprès des parties «concernées» afin d'obtenir une désescalade. Mardi, l'ONU s'est dite «profondément inquiète» de l'escalade.

Enclave paupérisée de deux millions d'habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Mardi à la mi-journée, après des heurts ayant fait plus de 500 blessés à l'esplanade des Mosquées, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l'AFP.