/regional/troisrivieres/mauricie

Des restaurateurs forcés de jouer à la police

Des restaurateurs de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont tannés de gérer les visiteurs provenant des zones rouges. Quotidiennement, ils sont des dizaines à vouloir détourner les règles pour manger dans restaurant.

«Ô Quai des Brasseurs, l’équipe doit refuser une quinzaine de clients par jour et les fins de semaine, ça peut aller jusqu’à quarante résidents de zone rouge», a lancé le chef exécutif, Yanick Giguère.

«Avant les barrages à la frontière avec l’Ontario, on refusait régulièrement des résidents de Toronto. Maintenant, je refuse quotidiennement plus d’une dizaine de clients en combinant les chiffres de nos deux restaurants Angéline. Celui au centre-ville c’est particulièrement problématique», a expliqué la directrice adjointe des restaurants, Valérie Lajoie.

Chaque fois qu’une nouvelle région bascule en zone rouge, la gestion se complique au sein des établissements. Aujourd’hui, la Mauricie-Centre-du-Québec se retrouve enclavée entre des régions au niveau d’alerte maximale ou d’urgence. Même si la clientèle admise est de plus en plus limitée, ils sont nombreux à vouloir détourner les règles.

«Certains m’ont dit “Nous à Québec on tombe en orange lundi ! Le couvre-feu tombe à 21 h 30.” Là j’ai dû argumenter, dire qu’ils restent en zone rouge. C’est beaucoup d’obstinage et c’est plate ! Je suis tanné de jouer à la police», a souligné le propriétaire du Manoir du Spaghetti, Pierre Plante.

«Tout d’un coup, c’est bizarre, ils n’ont plus leurs pièces d’identité quand on leur demande. On s’entend que c’est rare qu’on sorte sans nos pièces d’identité. D’autant plus qu’aujourd’hui avec nos téléphones il est facile de retrouver des papiers bancaires avec l’adresse ou autres documents», a ajouté Madame Lajoie.

Pas de chance à prendre

Pour ces restaurateurs, c’est tolérance zéro, les risques sont trop importants.

«Si on accepte un client provenant d’une zone rouge, qu’il est porteur du virus et qu’il rentre ça ici, moi c’est le restaurant au complet que je dois fermer et c’est des milliers et des milliers de dollars de pertes», a indiqué Yanick Giguère.

«On s’entend qu’on ne veut pas vivre un gym comme Québec ! C’est impensable. Impensable», a lancé Pierre Plante.

Des commerces qui fonctionnent depuis plusieurs mois à 50 % ou 30 % de leurs chiffres d’affaires. Pour accueillir tous ces clients, ils attendent avec impatience le plan de déconfinement du gouvernement du Québec.