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Une fusillade dans une école fait neuf morts en Russie

Neuf personnes, dont sept élèves, ont été tuées et une vingtaine blessées mardi dans une fusillade dans une école de Kazan, une grande ville du centre de la Russie, où un tireur de 19 ans a été interpellé.

Des images glaçantes diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des enfants et des adolescents sautant des fenêtres du bâtiment de trois étages pour s'enfuir. 

Sur d'autres, on peut voir des personnes ensanglantées allongées sur l'herbe en train de recevoir de l'aide alors qu'autour des ambulances étaient déployées en nombre.

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Il s'agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018. Ce genre de drame est relativement rare en Russie, où le contrôle des armes est strict, mais les violences impliquant des élèves sont en augmentation.

Le tueur a fait neuf morts, selon Roustam Minnikhanov, le dirigeant de la république du Tatarstan dont Kazan est la capitale. Parmi eux, sept élèves, un enseignant et une autre femme.

Selon lui, tous les enfants tués étaient en classe de 4e, soit âgés en principe de 13-14 ans.

Dans la soirée, des personnes continuaient de déposer des dizaines de fleurs, des jouets et des bougies devant l'école, selon un journaliste de l'AFP. 

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«Nous sommes sous le choc», souffle Maria Machkova, 33 ans, dont le fils, scolarisé dans l'établissement, n'avait pas cours au moment du drame.

Andreï Stepanov, un convoyeur de fonds vivant tout près, dit avoir entendu «une explosion très puissante» et avoir cru d'abord à une fuite de gaz. «Puis j'ai entendu des tirs». 

«Les parents s'agitaient à la recherche de leurs enfants» au milieu des secours et des blessés, raconte-t-il.

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Les autorités de cette république musulmane russe ont précisé à l'AFP qu'au moins 20 personnes, 18 enfants et deux adultes avaient été hospitalisées. Six mineurs sont dans un état grave.

L'agence de presse locale Tatar-inform a indiqué que les blessés avaient entre sept et 62 ans.

«Pire péché»

Le dirigeant russe Vladimir Poutine a ordonné mardi de revoir les règles régissant le port d'armes, selon son porte-parole.

Le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, a indiqué sur Telegram qu'une loi sera étudiée la semaine prochaine pour «durcir» ces règles.

Il a ajouté qu'il était «nécessaire» de discuter de l'idée de «mettre fin à l'anonymat sur internet» pour lutter contre la diffusion «de messages violents et glorifiant l'extrémisme».

Le grand Mufti de Russie, Ravil Gaïnoutdine, a lui dénoncé «le pire des péchés aux yeux du Tout-puissant : le meurtre d'innocents».

Le Comité d'enquête russe, qui a identifié le suspect comme Ilnaz Galiaviev, a ouvert une enquête pour «meurtre». 

La porte-parole de cette instance, Svetlana Petrenko, a indiqué que le suspect, âgé de 19 ans, a fait exploser un seul engin improvisé en entrant dans l'école puis a ouvert le feu.

Selon les autorités, il avait obtenu un permis de port d'arme le 28 avril.

«Déteste tout le monde»

Une vidéo diffusée à la télévision russe a montré le tireur présumé, un jeune homme torse nu et couvert de sang allongé dans une cellule, clamant avoir prémédité son acte, car il «déteste tout le monde», affirmant être «Dieu».

Sur une autre photo, on le voit en tenue paramilitaire noire, avec un tour de cou sur lequel est écrit «Dieu» en russe en lettres rouges. 

L'institut où il faisait des études d'informatique a déclaré aux agences russes que cet adolescent, «calme et pas agressif», venait d'être exclu pour ne s'être pas présenté aux examens.

Après 10 jours fériés en Russie, il a fait feu dans l'école n°175, qui compte plus de 1000 élèves et où il avait lui-même étudié.

D'après l'agence Interfax, il était armé d'un fusil de fabrication turque Hatsan Escort, le même que celui utilisé pour une tuerie précédente dans une école de Crimée en 2018.

Si les agences de presse russes avaient tout d'abord mentionné un deuxième assaillant, les autorités ont ensuite assuré qu'il avait agi seul.

Cette fusillade rappelle celle d'octobre 2018, lorsqu'un adolescent avait tué 19 personnes avant de se suicider dans un lycée de Kertch, en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Vladimir Poutine avait alors blâmé «la mondialisation», estimant que le phénomène des fusillades scolaires provenait des États-Unis.