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Un presbytère historique sauvé dans Lanaudière

PHOTO COURTOISIE / Jérémy Richard

À la demande de ses citoyens, la municipalité de Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière, vient d'acquérir un presbytère historique abimé par un incendie pour en faire une salle multifonctionnelle.

Le maire de l’endroit, Martin Rondeau, était heureux, mardi, de passer chez le notaire.

«C'est un bâtiment qui fait partie du patrimoine culturel, mais aussi du patrimoine visuel. On voit l'église de loin, sur la petite colline, avec le presbytère à côté. Ça va bien au-delà de la question de l'argent, c'est un peu l'identité de notre ville. Si on s'en était pas mêlé, les citoyens nous en auraient voulu», a dit M. Rondeau, en entrevue.

Depuis qu'un incendie en a abimé l'intérieur en 2019, l'avenir de l’ancien presbytère construit en 1884, cité immeuble patrimonial depuis 2011 en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, était incertain. La Paroisse Sainte-Trinité, propriétaire des lieux au moment de l’incendie, avait signifié son intention de ne pas restaurer le bâtiment et l'avait mis en vente. Mais les citoyens ne voulaient pas voir cet endroit emblématique passer à des intérêts privés.

«Ce sont les gens d'ici qui ont construit cette bâtisse. Elle nous rappelle toute une époque, surtout celle du curé Bernèche, qui y habitait, et qui avait, disait-on, le don d'arrêter le sang et les brûlures», a mentionné le maire Rondeau.

Lors d'une consultation populaire menée en 2020, les Mathalois avaient clairement exprimé leur désir de voir l’ancien presbytère demeurer au service de la population. La municipalité a donc résolu d'en faire l'acquisition et de le transformer en salle multifonctionnelle, où pourront se dérouler spectacles artistiques et séances du conseil municipal. Des bureaux pourraient aussi accueillir des organisations à l'étage supérieur.

Le bâtiment aux murs extérieurs de briques rouges surmontés d'une toiture argentée percée de lucarnes sera restauré en tout respect de la Loi sur le patrimoine culturel, a assuré Martin Rondeau. «On a mandaté une firme spécialisée en restauration de patrimoine immobilier pour faire une évaluation des travaux. Notre objectif est de le ramener à son état d'origine.»

Incluant les 160 000 $ déboursés pour son acquisition, les coûts de sa restauration pourraient s'élever à 1,2 million $, estime le maire de la petite municipalité de 4601 âmes. «On a reçu 302 000 $ du Fonds d'aide au développement du milieu de Desjardins et on espère un financement du Programme de soutien au milieu municipal en patrimoine immobilier du gouvernement provincial. Au final, si la municipalité débourse 500 000 ou 600 000 $, ça représente un investissement à long terme raisonnable pour la population.»