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Une mère de trois enfants a peur de se retrouver à la rue

Nadine Lajoie-Thibodeau, une mère monoparentale de trois enfants, cherche désespérément depuis le mois de janvier dernier un appartement à Longueuil et envisage d’entreposer ses biens tellement elle craint d’être à la rue avec ses enfants.

Photo Chantal Poirier

Nadine Lajoie-Thibodeau, une mère monoparentale de trois enfants, cherche désespérément depuis le mois de janvier dernier un appartement à Longueuil et envisage d’entreposer ses biens tellement elle craint d’être à la rue avec ses enfants.

Une mère monoparentale de trois enfants, victime de violence conjugale, est incapable de se trouver un logement abordable à Longueuil et craint de se retrouver à la rue le 1er juillet.

« Pour le moment, je suis en train de magasiner un garde-meuble pour entreposer mes choses, parce que je ne sais pas où je vais pouvoir aller avec mes enfants le 1er juillet », déplore Nadine Lajoie-Thibodeau, une résidente de Longueuil.

Après s’être séparée de son conjoint violent en 2019, Mme Lajoie-Thibodeau s’est dépêchée de trouver un logement pour elle et ses trois enfants de 13 ans, 12 ans et 4 ans. Elle a dû se résoudre à prendre un appartement avec deux chambres, dont une où elle dort avec son fils de 4 ans, et un loyer de 1275 $, trop élevé pour son budget.

« L’année passée en début de pandémie, [la propriétaire du logement] voulait l’augmenter de 75 $, mais j’ai refusé et il n’y a pas eu de suite. Depuis, elle me dit tous les mois que je lui dois 75 $ de plus [soit 1350 $]. Cette année, elle a encore envoyé une lettre pour augmenter encore de 75 $ [soit un total de 1425 $], que j’ai encore refusé pensant que j’allais trouver quelque chose », explique la femme de 35 ans.

Après avoir perdu son emploi en entretien ménager avec la crise, Mme Lajoie--Thibodeau touche l’aide sociale et suit un cours pour devenir assistante technique en pharmacie.

Recherche infructueuse

Mais depuis le mois de janvier, ses recherches quotidiennes d’appartements à Longueuil restent infructueuses.

« Tout ce que je vois, ce sont des appartements à plus de 1300 $ [par mois]. Avec mes trois enfants je regarde pour des 51⁄2 ou 61⁄2, mais c’est rendu 1800 $, 1900 $ », lance-t-elle.

Et quand elle tombe sur une annonce qui lui convient, les propriétaires refusent les enfants ou demandent le dépôt d’une somme trop importante.

La semaine dernière, la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, et le premier ministre, François Legault, réitéraient qu’il n’y avait pas de crise du logement à Montréal et en région. 

« Je sais que je suis très loin d’être la seule dans cette situation ! Il faut faire quelque chose, et vite ! Je ne comprends pas que notre premier ministre ferme les yeux », déplore la mère de famille.

Pour Marco Monzon, directeur général du Comité logement Rive-Sud, Mme Lajoie-Thibodeau est pourtant un bon exemple de la crise du logement.

Inquiétude grandissante

Ce dernier tire la sonnette d’alarme.

« Les appels de gens qui veulent un logement social et abordable ont explosé. À la moitié de notre année financière, donc en décembre, on avait le double d’appels par rapport à l’an passé, juste pour le secteur de Longueuil », affirme M. Monzon.

Il s’attend à ce que cette année, de nombreuses personnes se retrouvent sans logis si rien ne se met en branle rapidement.