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Atteint de la maladie d’Alzheimer, il se fait vendre des produits de Bell

Un Ontarien de 85 ans a visité un magasin La Source, propriété de Bell Canada, à la recherche d’une nouvelle télévision, mais il en est plutôt ressorti avec tout sauf ce qu’il prévoyait acheter. 

Cette histoire qui a eu lieu en octobre dernier a été racontée lundi à CBC News par Ross Miller, un octogénaire atteint de la maladie d’Alzheimer, et par son fils James Ogden Miller.

Plutôt que de repartir avec une télévision, l'homme s'est retrouvé avec un contrat de deux ans à Bell Télé Fibe, un nouveau téléphone cellulaire avec données et une garantie, un téléphone fixe, une tablette et un abonnement de deux ans à internet haute vitesse.

Selon le témoignage de Ross Miller à la société d’État, l’homme ne connaît absolument rien à internet et aux tablettes. De plus, il a déjà un cellulaire, dont il ne se sert pas.

De son avis et de celui de son fils, l’octogénaire a été floué par un employé du magasin La Source du Dufferin Mall de Toronto.

Un employé de la chaîne spécialisée en électronique rencontré par le diffuseur public a indiqué que ses collègues et lui sont pressés par leurs patrons pour faire des ventes.

Refus par-dessus refus

Après avoir découvert le nouveau matériel électronique de son père, James Ogden Miller a tenté plusieurs fois de faire rembourser les achats par Bell, mais on lui aurait répondu à maintes reprises qu’il était impossible de le faire après deux semaines.

La société d’État est entrée en contact avec Bell, et la compagnie a dit avoir accepté de reprendre les objets vendus à M. Miller, de mettre fin au contrat et d’effacer les paiements que devait régler celui-ci. Une enquête à l’interne a été lancée du côté du géant des télécommunications.

Même si M. Miller ne fait plus affaire avec Bell, la compagnie l’a contacté deux jours après la désactivation de son compte pour lui offrir à nouveau ses services, puisque l’incident n’a pas été ajouté au dossier du client.

Par le passé, Bell et Rogers ont subi les foudres du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour des pratiques de vente trompeuses et agressives sur le marché.

En juin 2018, le gouvernement fédéral avait ordonné au CRTC d’enquêter sur diverses tactiques de vente sous pression de Bell et de Rogers. Plusieurs anciens employés des deux compagnies avaient avoué à divers médias avoir poussé des clients à faire des achats ou menti pour atteindre leurs objectifs de vente, eux-mêmes pressés par leur employeur.