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Enquête publique Joyce Echaquan : «Elle n’a pas mérité de finir ses jours ainsi»

La première journée des audiences publiques du coroner sur la mort de Joyce Echaquan a été chargée d’émotions.

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La mère de sept enfants est décédée dans des circonstances troublantes à l'hôpital de Joliette en septembre dernier. Elle est devenue un emblème de la lutte contre le racisme.

Quatre témoins ont été entendus, dont le conjoint et la fille de la défunte. Carol Dubé a livré un témoignage très émotif. Il a décrit sa femme comme une mère aimante et sociable.

«Elle n’a pas mérité de finir ses jours ainsi, a-t-il mentionné en pleurs devant la coroner Géhane Kamel. Lui rendre justice, c’est la meilleure chose à faire ».

Il a raconté que sa femme appréhendait ses visites à l’hôpital en raison de mauvaises expériences par le passé avec le personnel. Joyce Echaquan aurait subi une ligature des trompes sous pression selon ses proches. 

À son arrivée à l’hôpital de Joliette, le jour du décès de Joyce, Carol Dubé a confié avoir vu des bleus sur son corps.

À la fin de son témoignage, la coroner Géhane Kamel, qui préside l’enquête publique au palais de justice de Trois-Rivières, est descendue de son siège pour lui offrir ses condoléances. «Vous allez quitter ici avec des réponses. 

Je vous remercie pour votre courage», s’est permis d’ajouter Me Géhane Kamel.

La fille de Joyce Echaquan, Marie Wasianna Echaquan Dubé a pris la parole par la suite dans un témoignage entrecoupé de sanglots. La jeune femme de 20 ans a décrit la douleur qui l’habite depuis le décès de sa mère. 

«Je suis ici pour que tout le monde entende ce que pensent ses enfants. Ce qu’on nous a pris. Les personnes qui nous ont fait ça nous ont enlevé une partie d’elle en nous. C’est injuste!»

La fille de la défunte a raconté qu’elle avait vu sur Facebook la vidéo en direct de sa mère. Elle avait aussitôt tenté de la rejoindre au téléphone, mais en vain. Marie Wasianna Echaquan Dubé s’était empressée d’aller à l’hôpital. 

Lorsqu’elle est entrée dans la chambre, elle a vu sa mère « allongée, raide et froide». 

Sa mère était encore attachée aux poignets et aux pieds lorsque le personnel l’a transportée dans la salle de réanimation.

Les audiences publiques se poursuivent, vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières avec les témoignages de quatre autres membres de la famille de Joyce Echaquan.

Cérémonie privée à Trois-Rivières 

Avant le début des audiences, une cérémonie privée s’est tenue devant le palais de justice de Trois-Rivières avec des membres de la communauté atikamekw et des proches. Le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa, et le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, y étaient aussi.

Treize jours d'audiences sont prévus au calendrier et seront étalés sur quatre semaines pour faire la lumière sur les causes et les circonstances du décès de Joyce Echaquan. Une cinquantaine de témoins doivent être entendus.