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Le projet de loi 96 dérange en Estrie

Le projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, tourmente la communauté anglophone des Cantons de l'Est.

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«C’est comme recevoir un coup de poing dans l’estomac, illustre le président de l’Association des Townshippers, organisme visant à protéger les droits des anglophones en Estrie. Est-ce que c’est une loi qui va encore réduire les droits et les services aux anglophones dans un contexte rural? Nous allons prendre le temps d’étudier le projet de loi. Au moins je suis rassuré par les propos du premier ministre Legault qui est ouvert au dialogue.»

La directrice du Collège Champlain, Nancy Beatie, s'inquiète de la limitation du nombre de places dans les établissements collégiaux anglophones : «Je suis déçue et je suis inquiète. C’est sûr que ça va avoir un impact sur notre institution. Il faut comprendre qu’en région, ce n’est pas du tout le même contexte qu’à Montréal.

Pour Ayla Charron, ex-étudiante du collège, le gouvernement fait fausse route : «Moi je suis allée à l’école primaire et secondaire en français et j’ai décidé d’aller au cégep en anglais pour apprendre une deuxième langue et ça a très bien fonctionné. Je garde mes amis et mon milieu francophone, ça ne change rien.»

Soulagement pour la douzaine de municipalités bilingues de l'Estrie, qui pourront conserver leur statut en adoptant une simple résolution. «Ça se passe très bien et je ne vois pas pourquoi on changerait ça, indique le maire de North Hatley Michael Page. Nous avons l’intention d’adopter une résolution pour conserver notre statut bilingue.»

Joint par TVA Nouvelles, les maires de Lac-Brome et d’Ayer’s Cliff ont formulé la même intention, tout comme le président de l’arrondissement Lennoxville à Sherbrooke, Claude Charron : «C’est naturel. Lennoxville est acceptée à Sherbrooke et je pense que les gens sont heureux d’avoir un arrondissement bilingue.»

De son côté, la Société nationale de l’Estrie se dit satisfaite des grandes lignes du projet de loi 96. «C’est sûr que sur certains points le gouvernement aurait pu aller plus loin. Mais nous devons saluer le fait que pour la première fois en plus de 40 ans, un gouvernement s’attaque au problème avec une approche globale», a indiqué le président de la société, Étienne-Alexis Boucher.