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Mort de son ex-conjointe: Boucher était intoxiqué, plaident ses avocates

meurtre saint-jean

Photo d'archives

Vincent Boucher reconnaît être à l'origine de la mort violente de son ex-conjointe en 2018, mais soutient qu'il était alors en état de psychose toxique dû à une forte intoxication.

« Nous aimerions porter à votre attention qu’ici, M. Boucher a admis avoir causé la mort de Laurie-Anne Grenier », a lancé d’emblée au jury Me Valérie La Madeleine, lors de la déclaration d’ouverture de la défense de son client, mercredi matin, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

« Une des questions que vous aurez à trancher est : est-ce que M. Boucher avait l’état d’esprit pour commettre un meurtre ? » a poursuivi l’avocate.

Vincent Boucher, 27 ans, subit son procès pour le meurtre au premier degré de son ex-amoureuse, dans leur appart de Saint-Jean-sur-Richelieu, le 15 décembre 2018.

Celui-ci aurait étranglé et poignardé sa victime de 27 ans avant de partir en cavale dans les Laurentides, où il a été arrêté. Durant cette soirée, Boucher aurait consommé de la cocaïne et du vin.

Nombreux diagnostics

« Nous avons l’intention de vous démontrer que M. Boucher était fortement intoxiqué et qu’il avait des pathologies, des diagnostics influençant au moment des faits », a indiqué Me La Madeleine.

Cette dernière a étalé les multiples diagnostics qu’a reçus l’accusé depuis 2001, notamment trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, syndrome Gilles de la Tourette, comportement obsessionnel et trait de personnalité compulsive.

Les avocates de Vincent Boucher, Christine Brosseau et Valérie La Madeleine à leur sortie de la cour, mercredi.

Photo Jonathan Tremblay

Les avocates de Vincent Boucher, Christine Brosseau et Valérie La Madeleine à leur sortie de la cour, mercredi.

Le chimiste et toxicologue André Dion a ensuite été appelé à la barre pour présenter son rapport d’analyse à la suite d’un prélèvement d’urine de Vincent Boucher, quatre heures après son arrestation.

« On a trouvé du benzodiazépine, de la cocaïne, de l’amphétamine, de l’alcool et du cannabis », a souligné l’expert.

La défense lui a alors demandé quels seraient les effets d’une polyintoxication sur quelqu’un qui présente des problèmes de santé mentale.

« C’est difficile de prévoir exactement les effets que ça va avoir, mais c’est sûr qu’avoir une maladie psychiatrique, et ajouter à ça plusieurs drogues, on augmente le risque de psychose toxique. »

Avant ou après

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Martin Bourgeois, a martelé le chimiste de questions à savoir s’il pouvait confirmer que Boucher avait consommé toutes ces substances avant l’homicide, comme son rapport le présume, ou s’il a pu en consommer après coup.

« C’est une hypothèse, c’est possible, a répondu M. Dion. C’est général [le rapport], dans le sens que je n’ai pas tenu compte de toutes les possibilités dans le présent dossier. Oui, c’est vrai. »


Le procès reprend jeudi après-midi.