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Pour une reconnaissance du personnel en service de garde scolaire

Quand mes enfants fréquentaient le service de garde au primaire, ils étaient emballés par les activités offertes. Ils me suppliaient de les inscrire à toutes les journées pédagogiques et me rappelaient de ne pas venir les chercher trop tôt après le travail. « On a le gymnase ce soir », me disait mon garçon, enthousiaste.  

Le service de garde scolaire est un service essentiel dont les familles québécoises ne peuvent plus se passer. En effet, une forte majorité d’élèves le fréquente aujourd’hui. Pourtant, il arrive encore que les locaux destinés au service de garde soient peu nombreux, exigus et regroupés dans des sous-sols mal fenestrés. Les écoles ont dû s’adapter à la hausse de la clientèle rapidement, en « agrandissant par en dedans ». Les salles de classe sont aussi devenues des lieux de cohabitation entre les différents intervenants de l’école. 

Comme enseignante, il m’est périlleux de trouver un lieu calme pour travailler seule ou avec des élèves après mes cours. L’éducatrice de mon groupe doit, pour sa part, animer ses activités, en acceptant mes allées et venues, ainsi que l’espace restreint qui lui est réservé.  

Horaires brisés

Qui sont les personnes qui travaillent dans les services de garde scolaires ? Ce sont surtout des femmes. Ces éducatrices font en moyenne 20 heures par semaine et gagnent entre 21 $ et 24 $ l’heure, dans un horaire brisé dont l’amplitude est de 7 h à 18 h. À noter, une prime de 4 $ quotidienne est versée pour un horaire brisé... Qui peut subvenir aux besoins de sa famille en gagnant 500 $ par semaine de nos jours ? 

Une tâche hebdomadaire de 35 heures peut ressembler à ceci : de 7 h à 8 h, de 11 h à 13 h, puis de 15 h à 18 h. S’ajoutent à cela quelques heures de rencontres d’équipe et de planification. N’empêche, si l’on considère l’amplitude requise pour avoir une tâche pleine, n’est-ce pas là un salaire minimum déguisé ? 

À Montréal, ce sont majoritairement des femmes immigrantes qui acceptent de travailler dans ces conditions. Espérons que les nouvelles dispositions de la convention collective du personnel enseignant, qui ne prévoit plus de surveillance d’élèves, favoriseront la bonification de l’horaire et du salaire de ces éducatrices. 

De vraies cheffes d’orchestre

La gestion des services de garde scolaires est assurée par des techniciennes qui sont de véritables cheffes d’orchestre : embauche et supervision du personnel, formation des groupes, journées pédagogiques et sorties, facturation, remplacements de dernière minute, traiteur, etc. 

Lorsque j’étais directrice d’école, j’ai eu le privilège de travailler avec des techniciennes d’expérience. Sans elles, l’ensemble de ces tâches aurait été pour moi un véritable casse-tête. Grâce à elles, notre service de garde de qualité a contribué grandement au rayonnement de notre école. 

Une technicienne gagne à peine plus qu’une éducatrice, soit de 22 $ à 29 $ l’heure. Au maximum de l’échelon, elle gagne près de 53 000 $, en effectuant un travail de gestion colossal. Quand reconnaîtra-t-on vraiment le travail inestimable de la technicienne en service de garde scolaire ? Après tout, le service de garde n’est-il pas la porte d’entrée de la famille vers l’école ?

Chapeau, mesdames, pour votre travail remarquable auprès de nos enfants et de nos élèves ! Bravo pour votre engagement et votre planification d’activités riches et variées. Merci d’accompagner nos enfants et nos élèves dans le développement de leur plein potentiel.

Je vous souhaite une belle semaine des services de garde, ainsi qu’une convention collective qui vous reconnaîtra enfin à votre juste valeur.

Nicole Baillargeon, Enseignante, mère et ex-directrice d’école Montréal

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