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Un ange de la santé était plutôt une voleuse de bijoux

Résidences du marché

Photo Pierre-Paul Poulin

Une préposée aux bénéficiaires a avoué avoir dérobé pour près de 50 000 $ en bijoux à sept femmes âgées et vulnérables habitant une résidence de Sainte-Thérèse, pour ensuite revendre son butin dans des commerces de brocante. 

«C’est inhumain. Elle a détruit des souvenirs offerts par mon père. Elle est partie avec les bijoux et les a vendus comme si de rien n’était», déplore le fils d’une victime, qui a requis l’anonymat.

Mélanie Gauthier, 30 ans, a profité de son accès privilégié aux appartements pendant environ trois ans pour dérober les bijoux de personnes âgées dont elle avait la responsabilité des soins. 

Elle a plaidé coupable mardi aux accusations qui pesaient contre elle au palais de justice de Saint-Jérôme. La préposée était employée par les Résidences du Marché depuis cinq ans lorsqu’elle a été arrêtée au travail.

Ses sept victimes, qualifiées de vulnérables en raison de leur âge et de leur état de santé, vivaient dans une unité avec soins. Au moins trois d’entre elles sont aujourd’hui décédées.

Dans le résumé conjoint des faits présenté au tribunal, Gauthier a indiqué que ses crimes étaient motivés par des difficultés financières et un problème de consommation de drogue. Ils s’inscrivaient aussi dans un contexte d’une relation abusive de la part d’un conjoint violent et menaçant exerçant des «pressions financières importantes».

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault à QUB radio:


 

Au magasin du coin 

Après ses vols, elle se rendait dans des commerces d’objets usagés afin de revendre son butin.

«Pendant des mois, elle volait tranquillement ma mère quand elle était dans la salle à manger. On s’en est rendu compte lorsque sa bague avec un diamant, valant quelques milliers de dollars, a disparu. Puis, on a remarqué que toutes les pochettes de ses bijoux étaient vides dans son coffre», raconte le fils de la résidente. 

Atteinte de la maladie de Parkinson et de démence, la femme de 84 ans s’est notamment fait dérober des colliers et des boucles d’oreilles ainsi qu’une pièce de 100 $ en or datant des Jeux olympiques de 1976. Son fils estime le butin à plus de 25 000 $. 

Une vie volée 

«Ma mère m’a dit en larmes : “Elle m’a volé ma vie.” C’était une préposée gentille, en qui elle avait confiance. S’attaquer à des personnes vulnérables comme ça, c’est méchant et effrayant», déplore-t-il. 

La famille a pu racheter la fameuse bague à diamant au commerce de brocante pour plusieurs centaines de dollars, mais le reste des bijoux s’est volatilisé. 

La direction de la résidence appartenant au Groupe Maurice a décliné notre demande d’entrevue, mais a assuré avoir mis fin sans attendre à l’emploi de la préposée. Ses antécédents judiciaires avaient été vérifiés avant son embauche, indique la porte-parole Sarah Ouellette.

Gauthier revient devant le tribunal le 30 septembre. La confection d’un rapport présentenciel a été demandée d’ici là.